Moscou et Pyongyang unis contre l’expansion de l’OTAN en Eurasie: Le combat pour un « monde multipolaire »

Dans un discours prononcé lors d’une réception officielle à Pyongyang, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réaffirmé l’alliance stratégique entre la Russie et la Corée du Nord face à ce qu’il décrit comme une « menace expansionniste de l’OTAN » en Eurasie. Selon lui, Moscou et Pyongyang mènent un « combat commun pour la vérité contre le mensonge », visant à empêcher que le continent eurasiatique ne devienne un « fief » de l’Alliance atlantique.
Lavrov a accusé l’OTAN de chercher à « étendre son influence sur l’ensemble de l’espace eurasiatique », une stratégie que la Russie et la Corée du Nord entendent contrecarrer par des « mesures concrètes ».
Cette rhétorique s’inscrit dans la vision d’un « monde multipolaire » défendue par Moscou, où les blocs occidentaux ne domineraient plus la géopolitique mondiale. Si Lavrov n’a pas détaillé ces actions, cette collaboration renforcée pourrait inclure :
Des échanges militaires et technologiques (armements, missiles, satellites). Une coordination diplomatique pour affaiblir les sanctions internationales contre les deux régimes. Une propagande commune contre les États-Unis et leurs alliés. Cette alliance, bien que marginalisée sur la scène internationale, représente un front anti-OTAN de plus en plus assumé, avec Pékin en arrière-plan.

L’Eurasie, nouveau champ de bataille géopolitique ?
En présentant l’Eurasie comme un enjeu de domination, Lavrov instrumentalise les craintes d’une « OTANisation » du continent pour justifier le rapprochement avec Pyongyang. Une stratégie risquée, mais qui montre que, malgré leur isolement, Moscou et Pyongyang comptent bien résister ensemble à la pression occidentale.
Conclusion : Dans cette guerre narrative et stratégique, la Russie et la Corée du Nord se posent en remparts contre l’hégémonie américaine, quitte à approfondir leur partenariat avec d’autres puissances contestataires (Chine, Iran). L’Eurasie devient ainsi le théâtre d’une nouvelle lutte d’influence, où l’OTAN n’est plus perçue comme une alliance défensive, mais comme une force d’expansion à contenir .

Malik.M.