Al’approche du 5ᵉ Forum mondial de sociologie prévu à Rabat du 6 au 11 juillet 2025, une vague d’indignation traverse les milieux universitaires et militants arabes. En cause : la participation annoncée d’universitaires affiliés à des institutions israéliennes, perçues comme complices de l’occupation militaire et des crimes perpétrés contre le peuple palestinien.La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI), soutenue par sa sœur marocaine (MACBI), a lancé un appel clair : faire pression sur l’Association internationale de sociologie (AIS) pour qu’elle annule ces invitations.
À défaut, les deux campagnes appellent au boycott pur et simple du forum. Pour elles, accueillir des représentants d’universités israéliennes dans un pays arabe revient à légitimer un régime d’apartheid et à trahir la position historique de la société civile arabe, farouchement opposée à toute forme de normalisation.
Les critiques dénoncent une tentative de blanchiment académique d’un système colonial. En effet, certaines institutions israéliennes, comme l’Université de Tel-Aviv, sont directement impliquées dans le développement de doctrines militaires utilisées contre les civils palestiniens, notamment à Gaza et au Liban. Ces liens étroits entre recherche universitaire et appareil militaire israélien soulèvent de graves questions éthiques. Face à cela, des voix courageuses s’élèvent. La sociologue libanaise Rima Majed a annoncé son retrait du forum, en solidarité avec les victimes palestiniennes et en cohérence avec les principes de justice et de dignité. Des appels similaires ont été lancés à l’adresse des
autres participants arabes, notamment marocains et libanais, pour qu’ils refusent de cautionner une plateforme où l’occupant se présente en interlocuteur légitime. Dans un contexte où plus de 56 000 Palestiniens ont été tués et plus de 130 000 blessés, majoritairement des femmes et des enfants, la normalisation académique apparaît comme une ligne rouge.
Pour les défenseurs de la cause palestinienne, il ne
s’agit pas d’un débat abstrait sur la liberté académique, mais d’un combat concret contre l’impunité et pour la justice.Ce forum, censé promouvoir la justice dans l’Anthropocène, risque ainsi de devenir le symbole d’un renoncement moral. Mais la mobilisation croissante des sociétés civiles arabes et internationales rappelle que la solidarité n’est pas un slogan :
c’est un acte n l N.C
Le Maroc, hôte d’un forum controversé

