L’Union africaine a salué, samedi, la signature d’un accord de paix entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, conclue la veille à Washington. Cette initiative, qualifiée d’« étape importante » par le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, marque un tournant crucial dans les efforts visant à mettre un terme au conflit meurtrier qui ravage l’est de la RDC depuis des décennies.
Présent lors de la cérémonie, Youssouf s’est félicité des avancées diplomatiques concrétisées par cet accord, qui vient compléter les efforts en cours de l’Union africaine, de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Il a salué tous les acteurs œuvrant pour la paix, la stabilité et la réconciliation dans la région des Grands Lacs.
L’accord repose sur une déclaration de principes adoptée en avril par les deux parties. Il prévoit notamment le respect de l’intégrité territoriale de chaque État, l’arrêt des hostilités dans l’est de la RDC et des mécanismes de suivi de l’accord. La signature a eu lieu en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio, de la ministre congolaise des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner et de son homologue rwandais Olivier Nduhungirehe. »Après trente années de guerre, c’est un moment crucial », a souligné Marco Rubio.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a également salué cette avancée diplomatique, qu’il a qualifiée d’ »étape significative vers la désescalade, la paix et la stabilité » dans l’est de la RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. Il a exhorté les deux parties à respecter pleinement leurs engagements, conformément à la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité, notamment en ce qui concerne le cessez-le-feu et les autres mesures convenues.
Guterres a réaffirmé l’engagement total des Nations unies à accompagner la mise en œuvre de l’accord, en coordination étroite avec l’Union africaine et les partenaires régionaux et internationaux.Le groupe A3+ au Conseil de sécurité de l’ONU (Algérie, Sierra Leone, Somalie et Guyana) a également salué la signature de l’accord et appelé les deux parties à rester fermement engagées dans cette
dynamique de paix.
Le représentant de la Sierra Leone, Michael Imran Kanu, s’exprimant au nom du groupe, a exprimé l’espoir que cet accord donne une nouvelle impulsion aux efforts de stabilisation dans la région.Tout en saluant le rôle des États-Unis, du Qatar et d’autres pays ayant soutenu ce processus, les A3+ ont invité le Conseil de sécurité et les partenaires internationaux à garantir le soutien nécessaire à la MONUSCO afin qu’elle puisse pleinement exercer son mandat. Ils ont également salué les efforts du Comité international de la Croix-Rouge dans la facilitation du dialogue entre la MONUSCO et les groupes armés tels que le M23/AFC.Par ailleurs, les A3+ ont encouragé la poursuite du dialogue inter-congolais pour s’attaquer aux causes profondes du conflit, tout en exprimant leur préoccupation face à la réduction de l’espace politique, susceptible de compromettre la cohésion nationale. Ils ont appelé l’ensemble des parties prenantes congolaises à favoriser une approche inclusive et constructive.En ce qui concerne la situation sécuritaire, le groupe a souligné la persistance de la menace posée par les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à un réseau terroriste international, dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre l’Ouganda et la RDC pour contenir ce fléau.
Enfin, les A3+ ont exprimé leur vive inquiétude face à l’aggravation de la crise humanitaire, rappelant que plus de dix millions de personnes sont aujourd’hui confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, dans un contexte où les acteurs humanitaires font face à de graves obstacles d’accès. Ils ont lancé un appel pressant à la communauté internationale pour un soutien urgent au plan de réponse humanitaire, actuellement sous-financé.Réaffirmant leur solidarité avec le peuple congolais, les A3+ ont souligné le droit inaliénable de la RDC à vivre en paix, dans le respect de sa souveraineté, de son intégrité territoriale et de son indépendance n l Malik.M.
Accord de paix RDC-Rwanda: Une lueur d’espoir pour la région des Grands Lacs

