Les États-Unis, longtemps perçus comme un pilier de stabilité financière mondiale, voient aujourd’hui un retrait progressif de plusieurs grands investisseurs institutionnels, selon un article publié jeudi par le Financial Times.
En cause : les tensions commerciales déclenchées par l’administration américaine et la flambée préoccupante de la dette publique, qui ont semé le doute quant à la solidité des actifs américains.
D’après le FT, la politique commerciale imprévisible du président américain a contribué à déstabiliser les marchés mondiaux, entraînant une baisse notable du dollar et un net retard des performances de Wall Street par rapport aux places financières européennes depuis le début de l’année.Un cadre dirigeant d’un important fonds américain de capital-investissement a ainsi qualifié le jour où la Maison Blanche a annoncé une salve de droits de douane sur plusieurs partenaires commerciaux de « jour de la libération », un événement vécu comme un signal d’alarme pour de nombreux acteurs du marché sur leur surdépendance aux États-Unis. Parmi les réajustements les plus notables, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) — deuxième fonds de pension du Canada — a fait savoir qu’elle réduirait son exposition aux marchés américains pour réorienter ses investissements vers le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne. De même, Neuberger Berman, société d’investissement new-yorkaise, a drastiquement modifié sa stratégie : 65 % de ses co-investissements en capital-investissement sont désormais réalisés en Europe, contre seulement 20 à 30 % les années précédentes, selon Joana Rocha Scaff, directrice du capital-investissement européen de l’entreprise.
Un désintérêt croissant
« Nous commençons à voir les premiers signes d’un désengagement des investisseurs vis-à-vis des États-Unis », a confirmé Richard Oldfield, directeur général de Schroders, gestionnaire d’actifs britannique de premier plan. Alors que l’endettement public américain atteint des niveaux records et que la guerre commerciale continue de s’intensifier, ces mouvements illustrent une perte de confiance graduelle dans l’économie américaine, jadis considérée comme incontournable. Un signal fort, qui pourrait augurer un rééquilibrage durable des flux d’investissement mondiaux au profit des marchés européens et asiatiques
Farid.H.

