Gaza : L’aide humanitaire transformée en «piège mortel», alerte Philippe Lazzarini

Dans un message poignant et alarmant publié dimanche soir sur les réseaux sociaux, Philippe Lazzarini, Commissaire général de l’UNRWA (Agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine), a tiré la sonnette d’alarme face à la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Ghaza. Selon lui, la distribution de l’aide humanitaire, censée soulager les souffrances de la population civile, est désormais devenue un véritable « piège mortel ».« Ce qui se passe à Ghaza dépasse l’entendement.
La distribution de l’aide, censée sauver des vies, conduit désormais à des morts atroces », a-t-il déploré, dénonçant les bombardements incessants de l’armée d’occupation israélienne qui frappent sans relâche, y compris les zones où l’aide est censée être distribuée. Il a évoqué des scènes d’horreur, décrivant « de nombreux blessés et tués parmi des civils affamés », selon les témoignages recueillis par les organisations médicales internationales présentes sur le terrain.
Lazzarini a notamment dénoncé le fait qu’un point de distribution, mis en place dans le cadre du plan américano-israélien, a été positionné à Rafah, tout au sud de la bande de Ghaza, dans une zone déjà dévastée par les bombardements. « Ce système humiliant a contraint des milliers de personnes affamées, déshydratées et désespérées à parcourir des dizaines de kilomètres à pied, à travers un territoire en ruines, pour tenter d’accéder à une aide qui, bien souvent, n’arrive jamais », a-t-il déclaré.
Face à cette situation dramatique, il a souligné que les livraisons d’aide humanitaire doivent impérativement se faire de manière massive, coordonnée et en toute sécurité. Et pour cela, selon lui, il n’existe qu’une seule voie légitime et efficace : celle des Nations unies, en particulier à travers l’UNRWA, seule organisation dotée de l’expérience, des ressources humaines et de la légitimité nécessaires pour opérer sur place de manière impartiale et organisée.
Dans son appel pressant, Philippe Lazzarini a exhorté les autorités israéliennes à lever immédiatement le siège imposé à Ghaza, qui depuis le 2 mars 2024 bloque presque totalement l’entrée de l’aide humanitaire dans l’enclave. Il a insisté sur la nécessité pour l’ONU d’avoir un accès « libre, sécurisé et sans entrave » à l’ensemble du territoire pour pouvoir acheminer et distribuer l’aide à grande échelle.
« Il s’agit d’une question de survie. Si rien n’est fait, une famine massive est inévitable. Un million d’enfants sont directement menacés », a-t-il mis en garde.Enfin, Lazzarini a lancé un appel à la communauté internationale et aux médias, soulignant l’importance d’une couverture médiatique indépendante.
« Les médias internationaux doivent être autorisés à entrer à Ghaza pour témoigner, documenter et rapporter au monde les atrocités en cours. L’absence de regard extérieur ne fait qu’aggraver l’impunité. »Depuis octobre 2023, la bande de Ghaza est soumise à une offensive militaire d’une extrême violence menée par l’armée israélienne. Les conséquences humanitaires sont tragiques : des dizaines de milliers de morts et de blessés, des infrastructures anéanties, des hôpitaux hors service, et une population entière piégée, affamée, privée de soins, d’eau, d’électricité et d’abri.Le cri d’alarme du chef de l’UNRWA est un appel à la conscience du monde : il est encore temps d’agir pour sauver ce qu’il reste à sauver .
Farid B.

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