Dans un geste révélateur des tensions persistantes entre Alger et Paris, la France a officiellement mis fin à l’exemption de visa dont bénéficiaient les détenteurs de passeports diplomatiques et de service algériens. Cette décision, entrée en vigueur le 17 mai 2025, oblige désormais tous les diplomates et fonctionnaires algériens à solliciter un visa préalable pour tout déplacement en France.
Une mesure présentée comme une « réponse proportionnée » aux récentes décisions algériennes, notamment l’expulsion de 12 diplomates français début mai. Paris a qualifié cette action d' »injustifiée », tout en avertissant qu’elle pourrait réduire le nombre de diplomates algériens accrédités en France.
Cette décision marque la fin des accords de 2007 qui facilitaient la circulation des diplomates entre les deux pays. Désormais, les déplacements officiels devront passer par les procédures consulaires classiques, avec toutes les contraintes administratives que cela implique. Cette escalade intervient dans un contexte particulier. Quelques jours plus tôt, les services de sécurité algériens avaient déjoué une tentative d’infiltration de deux agents français de la DGSI, opérant sous couverture diplomatique. Une affaire qui a conduit à leur expulsion immédiate pour violation des protocoles diplomatiques.
En avril dernier, Alger avait déjà ordonné le départ de 12 membres du personnel de l’ambassade de France, suspectés d’activités incompatibles avec leur statut. Des mesures fermes qui démontrent la détermination de l’Algérie à protéger sa souveraineté et sa sécurité nationale.
La décision française touche principalement les hauts responsables étatiques, diplomates et militaires algériens qui bénéficiaient jusqu’ici de facilités de circulation. Une catégorie qui inclut non seulement les membres du corps diplomatique en poste, mais aussi les plus hautes autorités de l’État, y compris le président de la République, les présidents des deux chambres du Parlement, ou encore le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire. Cette nouvelle donne diplomatique compliquera indéniablement les échanges bilatéraux, alors que l’Algérie continue d’affirmer sa position souveraine sur la scène internationale. Les observateurs y voient le signe d’une relation franco-algérienne qui peine à retrouver son équilibre, marquée par des divergences stratégiques croissantes.
Alger, de son côté, maintient sa politique de réciprocité et de fermeté face à ce qu’elle considère comme des ingérences inacceptables. La délivrance des passeports diplomatiques et de mission reste strictement encadrée par la législation algérienne, avec des procédures rigoureuses visant à garantir la sécurité et l’intégrité des missions officielles à l’étranger. Cette crise diplomatique ouverte pose la question de l’avenir des relations entre les deux pays, alors que l’Algérie affiche une détermination sans faille à défendre ses intérêts stratégiques et sa souveraineté nationale .
Malik.M.
Algérie-france: Fin de l’exemption de visa pour les diplomates algériens

