C’est un «non» qui risque d’aggraver encore les rapports entre Alger et Paris. Le refus de la justice française d’extrader, vers l’Algérie, l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Abdesselam Bouchouareb, condamné à de lourdes peines d’emprisonnement dans des affaires de corruption, n’est pas pour apaiser le climat entre les deux pays. En effet, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, a rejeté la demande d’extradition émise par l’Algérie, en évoquant des «conséquences d’une gravité exceptionnelle » qu’elle pourrait avoir en raison de «l’état de santé et de l’âge » du concerné (72 ans). Une décision qui va dans le même sens du réquisitoire du parquet, qui s’était opposé à cette demande lors de l’audience du 5 mars dernier. Dans son verdict définitif, la chambre de l’instruction a justifié qu’une telle extradition « porterait atteinte à l’article 3 de la convention européenne des droits de l’Homme et à l’article 5 de la convention d’extradition franco-algérienne de 2019 », rapporte l’AFP. Pourtant, les autorités judiciaires algériennes qui réclament depuis 18 mois l’ancien ministre, installé dans les Alpes-Maritimes, avaient donné toutes les garanties nécessaires à la justice française.
«M. Bouchouareb a volé de l’argent aux Algériens, il a été condamné et doit répondre de ses actes», avait insisté Me Anne-Sophie Partaix, Conseil de l’Algérie dans cette affaire.
Ancien ministre de l’Industrie et des Mines (2014-2017), Bouchouareb est considéré comme l’un des proches de feu Président Abdelaziz Bouteflika poussé à la démission par le Hirak en 2019.
C’est au début de ce mouvement populaire d’ailleurs que l’ancien ministre prend la fuite au moment où des procès contre les figures de la »issaba » étaient intentés. Bouchouareb sera condamné, par contumace, à 20 ans de prison dans chacune des 5 affaires de corruption dans lesquelles il était poursuivi, dont celle des usines de montage automobile. En refusant son extradition vers l’Algérie, la France tombe dans ce qui semble être une obstruction flagrante au travail de la justice algérienne et à l’exécution d’un verdict prononcé au nom du peuple algérien.
De quoi en rajouter une couche supplémentaire à la crise qui couve déjà entre les deux pays depuis des mois et qui a atteint un rare degré d’intensité avec les attaques du ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, animé par sa haine, contre l’Algérie.
Il va sans dire que ce refus catégorique aura des conséquences aussi et une réaction de la part d’Alger qui traitera d’éventuelles demandes de la France dans certains dossiers, de la même fermé voire même plus encore. Ainsi, la France qui réclame la libération de Boualem Sansal détenu en Algérie pour «atteintes contre la sûreté de l’Etat » et « intelligence avec parties étrangères », ne donne visiblement pas de meilleur exemple quant il s’agit de respecter la justice. Affaire à suivre…
Farid B.
La France refuse d’extrader Abdesselam Bouchouareb vers l’Algérie: Quand Paris tombe dans le «péché» !

