Aux idéologies différentes, les deux partis veulent s’imposer comme meneurs de la vie politique: FFS-MSP, l’entente presque parfaite !

Entre le Front des forces socialistes (FFS) et le Mouvement de la société pour la paix (MSP), c’est vraiment la lune de miel. Les deux formations politiques, bien qu’elles ne partagent rien sur le plan idéologique, ont multiplié durant ces dernières années rencontres de concertation et visites de courtoisie, dans une image parfaite d’entente. Mardi, les deux responsables du FFS et du MSP se sont encore une fois retrouvés, au siège de ce dernier à Alger, au cours d’une visite d’Abdelaali Hassani Cherif qui s’est invité chez Youcef Aouchiche. La rencontre a constitué « une occasion pour le débat et la concertation autour de différentes questions politiques, économiques et sociales dans le pays, ainsi que les dossiers objet de débat national et les sujets en lien avec les bouleversements régionaux et internationaux », selon le MSP. Le Parti islamiste ajoute même qu’il a été convenu d’approfondir la concertation sur les questions nationales d’intérêt commun ». Même son de cloche du côté du FFS qui a insisté dans un communiqué sur «les moyens de renforcer la concertation autour des questions nationales » avec le MSP, un parti avec lequel il a échangé « les visions ». Au-delà du caractère purement protocolaire de ces rencontres qui faut-il l’admettre, sont de plus en plus nombreuses entre les deux partis comparativement aux autres formations politiques actives sur la scène nationale, le FFS et le MSP renvoient l’image de deux acteurs politiques qui occupent la scène. En ces temps de dèche et de  »jeûne » des partis, presque absents du débat national et loin des préoccupations des citoyens, Youcef Aouchiche et Hassani Cherif, deux anciens candidats malheureux à la dernière présidentielle anticipée, ne ratent pas l’occasion pour paraître dans la peau de dirigeants influents. Il faut rappeler, dans ce sens, qu’ils étaient les premiers chefs de partis d’opposition, juste après le RND, à être reçus dernièrement par le chef de l’Etat au palais d’El Mouradia, dans le cadre des dernières consultations. À l’opposée, lorsque l’on sait qu’Abdelkrim Benmebarek, secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), n’est pas encore reçu, il y a de quoi se poser des questions sur l’importance qu’accorde le pouvoir aux deux partis.

Une place de premier plan
Certains observateurs n’hésitent pas d’ailleurs à prédire d’un avenir meilleur pour le FFS et le MSP sur le plan de la représentativité au niveau de l’Assemblée populaire nationale (APN), surtout que les deux anciens candidats à la présidentielle, ont sillonné le pays durant la campagne électorale, ce qui leur a permis d’attirer plus de sympathisants dans leurs camps respectifs.
Ce qui équivaut à des voix en plus pour les prochaines joutes électorales. Mais, que partagent vraiment le
FFS et le MSP pour qu’ils multiplient les rencontres à chaque fois ? En vrai, pas grand-chose, si ce n’est un nationalisme et un attachement à l’unité nationale et à la souveraineté de l’Algérie.
Entre l’idéologie islamiste du MSP et la vision sociale-démocratique du FFS, les deux partis ne peuvent en aucun cas gouverner ensemble, ni se fondre dans un même groupe parlementaire à titre d’exemple. Et pourtant. Voilà que le FFS se retrouvent plus avec le MSP plutôt qu’avec le RCD, le PT ou Jil Jadid, pendant que le MSP se concerte plus avec le FFS qu’avec ces pairs d’El Adala de Abdallah Djaballah, d’Ennahda de Mohamed Douibi ou encore d’El Bina de Bengrina. Derrière cette  »façon » de faire de la politique «se cache l’idée selon laquelle les deux partis veulent paraître comme têtes respectives de deux pôles politiques dominants en Algérie, à l’image des grandes démocraties américaine ou européenne », analyse un ancien sénateur du FFS sous couvert d’anonymat. Un avant-goût d’une future reconfiguration de la vie politique en Algérie ? « Ce n’est pas exclu », répond notre source .

Farid. B

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