Abdelhamid Salakdji, président de la Fondation du 8-Mai 1945, a exhorté la France à reconnaître pleinement les conséquences désastreuses de ses essais nucléaires effectués dans le sud algérien pendant la période coloniale. Lors d’un entretien avec l’APS, il a rappelé que la France, humiliée par l’Allemagne nazie, avait choisi l’Algérie colonisée pour réaliser ses premiers essais nucléaires, ignorant délibérément les impacts sur les populations locales, considérées comme des « sous-citoyens ». Entre 1960 et 1961, quatre explosions nucléaires en surface, baptisées « Gerboise bleue », « Gerboise blanche », « Gerboise rouge » et « Gerboise verte », ont été menées à Reggane, causant des dommages humains et environnementaux durables. Salakdji a dénoncé le choix symbolique de la gerboise, un animal saharien, pour nommer ces essais, qualifiant cet acte de « fourberie » de la part de l’occupant français. La Fondation du 8-Mai 1945, qui défend les droits des victimes algériennes de la colonisation, soutient la position du président Abdelmadjid Tebboune, exigeant que la France nettoie les sites contaminés et révèle les zones précises des essais. Salakdji a souligné que cette reconnaissance est une condition essentielle pour établir des relations saines et apaisées entre les deux pays, rappelant que l’Algérie a payé un lourd tribut pour sa souveraineté et refuse désormais celui de l’oubli .
R.N.

