Il était l’un des hommes politiques qui ont marqué de leurs empreintes, l’histoire contemporaine de l’Algérie, en particulier au début des années 90, période cruciale qu’a connue le pays. Sid Ahmed Ghozali, est décédé, hier, à l’âge de 88 ans, après une hospitalisation à l’hôpital militaire d’Ain Naâdja d’ Alger. Une partie de la mémoire de l’Algérie post indépendance s’en va à jamais.
D’ailleurs, dans un message de condoléances à la famille du défunt, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a estimé qu’avec sa disparition, «l’Algérie perd l’un des hommes qui ont servi le pays dans des postes de hautes responsabilités». Sid Ahmed Ghozali «a laissé son empreinte comme une personnalité nationale active et témoin d’une période décisive, marquée par des changements et des événements importants dans la vie nationale», a écrit le chef de l’Etat dans son message, saluant «une élite et intellectuel compétent». Natif (31 mars 1937) de Teghennif dans la wilaya de Mascara, Sid Ahmed Ghozali poursuit des études en France où il sort avec le diplôme d’ingénieur de l’Ecole nationale des ponts et chaussées de Paris. Le pays ayant arraché son indépendance, le désir de participer à la construction le conduira à rentrer pour le servir et ce sera, -après des postes de conseiller puis sous-secrétaire d’Etat (1962/1965)-, à la tête de la compagnie pétrolière Sonatrach.
Ainsi, il sera le premier P-DG de la société publique de 1966 jusqu’à 1977, avant d’être nommé ministre de l’Énergie et des Industries pétrochimiques (1977/1979), puis ministre de l’Hydraulique (1979/1980). La disparition du président Houari Boumediene éloignera Sid Ahmed Ghozali des affaires politiques et du centre de décision. Il fera alors un passage comme ambassadeur à Bruxelles de 1984 jusqu’à 1988, avant d’être rappelé de nouveau comme ministre chargé des Finances de 1988 à 1989, puis des Affaires étrangères de 1989 à 1991. Après la démission de Mouloud Hamrouche en 1991, Ghozali qui avait alors 54 ans sera nommé (en juin) chef du gouvernement et aura la lourde tâche d’organiser les premières élections législatives pluralistes du pays.
Le processus sera par la suite interrompu, et feu Ghozali en jouera un rôle de par sa qualité de membre du Haut conseil de sécurité (HCS) à l’époque. Un choix qui a évité à l’Algérie de sombrer dans l’intégrisme et l’islamisme. Remplacé par Beaïd Abdessalam en juillet 1992, Sid Ahmed Ghozali se voit attribué un poste d’ambassadeur à Paris et qu’il occupa de la même année jusqu’à 1994. Lors des élections présidentielles de 1999, l’ancien chef du gouvernement tentera un retour en politique, comme en 2004 d’ailleurs, mais sans succès. Ayant pris ses distances avec la politique depuis, Ghozali s’est montré disponible pour les médias notamment lorsqu’il s’agit de grands événements.
Invité du Forum El Moudjahid, en février 2024, à l’occasion de la célébration du 53e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, il a appelé les algériens à «l’union sacrée». «Cette célébration, qui est légitime, ne doit pas s’arrêter au passé. L’avenir risque d’être biaisé si l’on ne tire pas les leçons du passé», avait alerté l’homme au papillon, en analysant la situation mondiale. Toutefois, il s’était dit rassuré que «rien ne peut toucher un pays où le peuple protège l’armée et l’armée protège le peuple» .
Farid B.
Décès de l’ancien chef de gouvernement Sid Ahmed Ghozali:«L’homme au papillon» s’en va

