Sur instruction de Tebboune, le MAE engage des contacts avec les pays impliqués: Situation en RDC: Alger propose sa médiation

Fidèle à sa doctrine de recherche de la paix par les moyens diplomatiques, l’Algérie entre en scène pour le règlement de la crise en République démocratique du Congo. En effet, depuis la reprise des combats le 23 janvier dernier entre le groupe rebelle M23 et les forces gouvernementales à Goma, Sake et dans certaines régions du Sud-Kivu, notamment à Minova, la situation sécuritaire et humanitaire ne cesse de se dégrader en RDC. Pour y remédier, Alger propose sa médiation et se dit disposé à consentir tous les efforts nécessaires pour le rétablissement de la paix. Une démarche décidée en haut lieu, puisque c’est le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a instruit le chef de la diplomatie, Ahmed Attaf, à mener les discussions avec les parties en conflit et les pays voisins du RDC, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines.
Tout en suivant avec « une profonde préoccupation» la reprise du conflit et son escalade en RD Congo, l’Algérie a d’emblée appelé «à la retenue et à la désescalade », et ce dans «la perspective de l’instauration des conditions d’une reprise responsable du dialogue et de la négociation en vue du rétablissement de la paix dans la région». Et c’est dans cet esprit d’ailleurs qu’Alger a fait «sienne» les conclusions des Sommets extraordinaires de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la Communauté de développement d’Afrique australe, appelant à un dialogue sincère et de bonne foi entre toutes les parties impliquées dans ce conflit. Ainsi, « malgré une lourde adversité », l’Algérie a exprimé son soutien et ses encouragements au président de la République d’Angola, Joao Lourenço, et au président de la République du Kenya, William Ruto, «dans leurs efforts de médiation patients et soutenus entre toutes les parties au conflit».
En joignant sa voix à celles de ses homologues angolais et kenyan, le Président Tebboune a chargé Ahmed Attaf de « prendre attache » avec les ministres des AE des «pays impliqués dans ce conflit », ainsi qu’avec les ministres des Affaires étrangères des « pays engagés dans des efforts de médiation ».
Cette démarche, affirme Alger, «a pour objectif de leur faire part de la disponibilité de l’Algérie à aider les efforts de médiation en cours et à mettre tout ce qui est en son pouvoir au service du rétablissement de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs».
Connue pour sa neutralité dans les conflits, l’Algérie qui siège actuellement au Conseil de sécurité de l’ONU, a de grandes chances de faire amener les belligérants à la table des négociations et du dialogue dans l’objectif de réinstaurer paix et sécurité dans la région.
En l’espace d’une semaine, soit entre dimanche et jeudi dernier, la reprise des combats a fait au moins 700 morts et 2 800 blessées près de Goma, selon un porte-parole de l’ONU. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exprimé son inquiétude d’un embrasement régional .
Farid B.

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