Incertitudes en Syrie au lendemain de la prise de Damas par les rebelles: Bachar al-Assad : la fin !

En Syrie, la fin de règne d’un demi-siècle du clan al-Assad semble définitivement scellée. Dans la nuit de samedi à dimanche, les forces rebelles qui mènent depuis le 27 novembre dernier une offensive contre les forces gouvernementales, ont annoncé « la libération » de la capitale Damas.
Dans un communiqué lu à travers la télévision publique dont le siège a été mis sous contrôle, au nom de Hayaat Tahrir al-Sham (HTS), les rebelles se sont félicités de « la chute du tyran », président Bachar al-Assad, annonçant la « libération des détenus injustement » emprisonnés à Saidnaya,
tout en appelant à la sauvegarde des bien de la Syrie « libre ». Ce fut l’annonce qui donna lieu dans les rues de la capitale Damas à des scènes de joie. Des citoyens, femmes, vieilles, vieux et enfants, sont sortis pour « célébrer » la chute d’al-Assad dont des statues et d’autres de son père Hafez, érigées un peu partout ont été déboulonnées. Entretemps, le président syrien a quitté tôt à l’aube le pays, vers une destination qui demeurait, hier encore, inconnue. « Assad a quitté la Syrie via l’aéroport international de Damas avant que les membres des forces armées et de sécurité ne quittent » le site, a déclaré à l’AFP, le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. Seul le Premier ministre s’est dit prêt à coopérer avec tout nouveau «leadership» choisi par le peuple. Dans un message vidéo publié sur son compte facebook, Mohamed Al-Jalali a précisé qu’il ne fuirait pas le pays et continuera à assurer le fonctionnement des institutions, en attendant la procédure de « passation » de pouvoir. De son coté, Abou Mohammad al-Jolani, le chef du groupe HTS à la tête de la coalition de rebelles, qui s’est entretenu avec Al-Jalali, a appelé ses  »combattants » à ne pas s’approcher des institutions publiques, ajoutant que celles-ci restaient sous contrôle du Premier ministre jusqu’à la « passation officielle ». Quoi qu’il en soit, en attendant l’installation d’un nouveau pouvoir à Damas, plusieurs pays du monde ont appelé à l’unité des syriens qui eux, seuls doivent décider de leur avenir, loin des ingérences étrangères. Par la voix de son représentant permanent auprès des Nations unies, Amar Bendjama, l’Algérie a mis l’accent dernièrement sur «l’importance d’un processus inclusif avec une participation entière de la femme et de la société civile », formant le vœu d’aplanir tous les obstacles, résoudre les questions en suspens et «voir la Syrie pouvoir aller de l’avant dans le processus d’édification de la paix et du développement national ». Après avoir exprimé sa profonde préoccupation face à «l’escalade de la violence », Bendjama a appelé au nom du groupe A3+ à «un cessez-le-feu dans l’ensemble du pays, relevant la nécessité d’une coordination entre les pays de la région pour lutter contre le terrorisme ». L’émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie, Geir Otto Pedersen, a appelé au calme dans le pays : « Je réitère mon appel à la désescalade, au calme, à éviter un bain de sang et à protéger les civils conformément au droit humanitaire international ». Au pouvoir depuis 2000, quant il succède à son père Hafez al-Assad déjà à la tête du pays depuis 1971, Bachar al-Assad n’avait alors que 34. Pourtant, celui qui n’était pas destiné à devenir président, -si ce n’est la mort accidentelle en 1994 de son frère aîné, Bassel-, va diriger le pays d’une main de fer. Depuis 2011, il s’accroche au pouvoir faisant face aux manifestations de millions de syriens pour le changement, allant jusqu’à réprimer dans le sang la révolte, plongeant la Syrie dans une guerre civile sans précédent. Une question s’impose à présent : est-ce un nouvel épisode de cette guerre qui commence désormais ou verra-t-on la Syrie tracer son chemin vers la paix et le développement, comme le souhaite Alger ? .
Farid B.

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