Alger a abrite, depuis ce samedi, un événement scientifique majeur placé sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
La Conférence internationale dédiée à la recherche sur le cancer, organisée au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, a réuni experts algériens et internationaux, ministres, chercheurs et responsables d’instances nationales.
Une rencontre orchestrée par la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, en étroite collaboration avec l’Agence internationale de recherche sur le cancer (CIRC), une institution clé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Une stratégie nationale ambitieuse pour 2025-2035
Dans son allocution d’ouverture, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik AÏt Messaoudene, a insisté
sur la portée historique de cet événement, qui s’inscrit pleinement dans «la vision adoptée par les hautes autorités du pays, plaçant la santé, la recherche nationale et l’innovation au cœur des politiques publiques et des moteurs du développement national».
Il a rappelé que cette conférence intervient à «une étape charnière du système de santé», marquée par l’adoption de la nouvelle Stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer pour la période 2025-2035. Cette feuille de route se veut résolument tournée vers l’avenir, avec un double objectif : réduire l’incidence de la maladie et améliorer la prise en charge des patients.
Le ministre a notamment annoncé que l’Algérie mise désormais sur l’intelligence artificielle, les technologies numériques, l’élargissement des partenariats internationaux, le transfert de technologies et l’échange d’expertises pour faire franchir un cap décisif à la recherche oncologique nationale.
Plus de 320 études cliniques et 57 essais actifs : un bilan scientifique solide
Le bilan présenté par le ministre témoigne d’une dynamique scientifique remarquable. En quinze ans, l’Algérie a réalisé plus de 320 études cliniques, dont plus de 20% exclusivement dédiées à l’oncologie. Actuellement, 57 essais cliniques actifs sont en cours dans le domaine du cancer, utilisant des approches innovantes intégrant l’intelligence artificielle et les technologies de pointe.
Par ailleurs, l’effort d’investissement de l’État a permis de doter le pays d’une infrastructure spécialisée de premier plan : 15 centres de lutte contre le cancer, 24 centres de radiothérapie, 61 accélérateurs linéaires et 52 traitements innovants inscrits dans l’arsenal thérapeutique national.
Le ministre a également souligné l’importance du dépistage organisé, notamment pour les cancers du sein et du col de l’utérus, rappelant que le diagnostic précoce demeure l’un des facteurs les plus décisifs pour augmenter les chances de guérison.
Une hausse de 34% des nouveaux cas en moins de 10 ans: L’urgence d’agir
Malgré ces avancées, les chiffres récents imposent une mobilération sans précédent. Selon les données du réseau national des registres du cancer, plus de 56 000 nouveaux cas ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de plus de 34% en moins d’une décennie.
Le cancer du sein reste le plus répandu chez les femmes, tandis que chez les hommes, ce sont les cancers de la prostate, du poumon et du côlon qui dominent.
Face à cette progression, le ministre a appelé à «passer à une nouvelle phase, plus ambitieuse et plus efficace», fondée sur le développement de programmes nationaux de recherche, le renforcement des études épidémiologiques, la modernisation des registres nationaux du cancer et le soutien à la recherche clinique selon les standards internationaux.
Des ateliers tournés vers l’avenir : IA, technologies émergentes et coopération internationale
Tout au long de la conférence, des ateliers thématiques innovants ont permis aux participants d’explorer concrètement les voies et moyens de faire progresser la recherche oncologique.
L’accent a été mis sur l’utilisation des technologies émergentes et de l’intelligence artificielle au service de la détection précoce, de la personnalisation des traitements et de l’optimisation des parcours de soins.
L’Algérie, a conclu le ministre, possède des atouts considérables : ses universités, ses centres de recherche, ses établissements hospitalo-universitaires et ses compétences scientifiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Reste désormais à transformer cette dynamique en résultats concrets pour les patients, sur l’ensemble du territoire national.
Anais G.

