Voile en France : Chems-Eddine Hafiz dénonce une stigmatisation persistante des musulmans

Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, a de nouveau dénoncé le projet du Rassemblement national visant à sanctionner par une amende le port du voile dans l’espace public.
Dans une tribune publiée samedi 12 septembre dans Le Monde, il estime que cette proposition s’inscrit dans une succession de mesures qui placent régulièrement les musulmans au centre des
controverses.

Déjà critique envers cette initiative, qu’il avait qualifiée «d’injuste, d’inapplicable et d’anticonstitutionnelle», il rejette également l’idée d’un référendum sur le voile. Selon lui, la répétition de ces débats entretient un climat de suspicion envers les musulmans et les conduit à devoir constamment prouver leur appartenance à la société française.

«Les musulmans de France ne sont pas les hôtes de la République. Ils en sont les citoyens», affirme Chems-Eddine Hafiz. Il rappelle par ailleurs l’histoire de la Grande Mosquée de Paris, créée en 1926 en hommage aux soldats musulmans morts pour la France, soulignant qu’elle est née d’une «dette de reconnaissance» et non d’une revendication communautaire.