Un centre algérien de formation au maintien de la paix: Alger conforte son rôle sur la scène internationale

L’Algérie franchit une nouvelle étape dans son engagement en faveur de la paix et de la sécurité internationales. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a signé un décret présidentiel portant création d’un centre algérien de formation dédié aux opérations de maintien de la paix, une institution appelée à dispenser des enseignements de niveau stratégique, opérationnel et tactique au profit de personnels militaires et civils, algériens comme étrangers, engagés dans des missions de soutien et de maintien de la paix.

Une institution adossée au ministère de la Défense
Publié dans le dernier numéro du Journal officiel, le décret n° 26-280, daté du 23 août 2026, fixe les missions, l’organisation et le fonctionnement de ce nouvel établissement, désigné simplement comme « le Centre » dans le texte. Il s’agit d’un établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, placé sous la tutelle du ministère de la Défense nationale.
Son siège est établi à Alger, avec la possibilité, prévue par le texte, de le transférer vers tout autre point du territoire national sur simple décision du ministre de la Défense nationale.
Cette initiative traduit la constance de la diplomatie algérienne, fidèle aux principes de non-alignement régulièrement rappelés par le président Tebboune, tout en illustrant la capacité du pays à se doter d’outils institutionnels solides pour accompagner ses engagements internationaux.
Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire est chargé d’orienter les activités du centre en matière de planification, de programmation et de déroulement des formations, ainsi que dans la sélection et l’admission des stagiaires.
Les conditions d’accès, le contenu des programmes, les spécialités proposées, la durée des formations, de même que les règles d’évaluation et de sanction des études, seront quant à eux définis par arrêté du ministre de la Défense nationale, en conformité avec les normes et standards de l’Organisation des Nations unies, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes, relatifs à la préparation des personnels militaires, policiers, de gendarmerie et civils appelés à intervenir dans le cadre d’opérations de soutien et de maintien de la paix.

Des formations tous niveaux, ouvertes à l’international
Sur le plan des missions, le centre aura vocation à dispenser des formations de niveau stratégique, opérationnel et tactique dans le domaine du soutien et du maintien de la paix, que ce soit en présentiel ou à distance, au bénéfice de personnels militaires et civils, nationaux et étrangers, concernés par ce type d’opérations.
Il pourra également organiser, à la demande, des sessions de formation destinées à des cadres civils nationaux et étrangers, ainsi que des journées d’études, des séminaires et des conférences nationales et internationales en lien avec son domaine de compétence.
Le texte prévoit par ailleurs que le centre pourra mener, de sa propre initiative ou sur demande, des études et des recherches dans son domaine d’expertise, au profit d’organismes militaires et civils, nationaux ou étrangers.
Il aura également la faculté de nouer des relations de coopération scientifique et professionnelle, civiles ou militaires, avec des partenaires nationaux et étrangers, et de procéder à des échanges conformément à la réglementation en vigueur au sein du ministère de la Défense nationale.

Un directeur aux prérogatives étendues
Sur le plan de la gouvernance, le centre sera dirigé par un directeur, nommé selon les règles en vigueur au ministère de la Défense nationale et dont les fonctions prendront fin dans les mêmes formes.
Celui-ci exercera l’autorité hiérarchique et disciplinaire sur l’ensemble des personnels du centre, préparera le projet de règlement intérieur, proposera l’organisation et les modalités de fonctionnement de l’institution, et veillera à l’application de son organisation pédagogique, administrative, financière et comptable. Il lui reviendra également d’élaborer les prévisions budgétaires et leurs actualisations éventuelles, d’engager et d’ordonnancer les dépenses, de conclure les marchés, conventions et contrats dans le cadre réglementaire applicable, de veiller à la mise en œuvre des programmes de formation, de représenter le centre en justice et dans tous les actes de la vie civile, de répondre aux besoins de l’institution en personnels et en équipements, et d’établir les bilans périodiques de son activité.

Des personnels militaires, civils et des experts internationaux
S’agissant des personnels, le décret précise que le centre emploiera des personnels militaires et des personnels civils relevant du ministère de la Défense nationale, ces mêmes catégories étant appelées à assurer les formations. Le centre pourra également faire appel à des experts et formateurs nationaux, civils et militaires, en activité ou à la retraite, ainsi qu’à des experts ou formateurs étrangers, conformément à la réglementation applicable en la matière.

Un conseil pédagogique pour garantir la qualité de la formation
Enfin, le centre sera doté d’un conseil pédagogique chargé notamment de définir et d’évaluer les activités et programmes de formation, ainsi que d’arrêter les méthodes pédagogiques.
Ce conseil pourra être consulté sur les projets d’acquisition de documents, d’équipements et de supports pédagogiques, ainsi que sur les projets de conventions liées à la formation.
Il sera également chargé de désigner les membres des commissions d’examen, de veiller à leur organisation et de délibérer sur les résultats, d’évaluer les activités pédagogiques et de donner son avis sur le contenu des programmes de formation.
Il élaborera périodiquement un rapport d’évaluation pédagogique assorti de recommandations, soumis au directeur du centre, et pourra être consulté sur toute question relevant de son domaine de
compétence. Ce conseil pédagogique réunira des représentants du ministère de la Défense nationale, du ministère des Affaires étrangères et du ministère de l’Enseignement supérieur, nommés par arrêté du ministre de la Défense nationale sur proposition des autorités dont ils relèvent.
Par la mise en place de ce centre, l’Algérie confirme sa volonté de se positionner comme un acteur crédible et structuré dans le domaine du maintien de la paix, en phase avec les exigences des organisations internationales et régionales, et fidèle à une tradition diplomatique fondée sur le dialogue, la coopération et le soutien aux efforts collectifs de stabilité.
Farid B.