C’est l’un des dossiers les plus sensibles jamais confiés à la justice algérienne. Le 17 janvier 2027, la cour criminelle de première instance de Dar El Beïda, à Alger, ouvrira le procès de l’attaque menée en 2013 contre le complexe gazier de Tiguentourine, à In Amenas, dans la wilaya d’Illizi. L’opération d’un commando armé s’était soldée par la mort de 37 personnes, en majorité de nationalité étrangère.
Selon des sourses proches, l’affaire a été inscrite au rôle additionnel de la session criminelle en cours.
Quatre hommes, tous placés sous mandat de dépôt, auront à répondre de leurs actes. Parmi eux figure A. Derouiche, alias «Abou El Baraa», que les enquêteurs présentent comme l’adjoint de l’émir de la katiba «Les Signataires par le sang», la formation qui avait revendiqué l’attaque.
À ses côtés comparaîtra Kroumi Bouziane, dit «Redouane», également identifié sous le nom d’«El Aroussi Derbali», de nationalité tunisienne. Un troisième nom apparaît dans l’accusation, Bouhafs Djaâfar. La liste des témoins donne la mesure du rendez-vous judiciaire. L’arrêt de renvoi en recense environ 229, dont 76 viennent de l’étranger. Un tel volume annonce des audiences longues, à l’image des autres grands dossiers jugés ces derniers mois à Dar El Beïda. Les qualifications retenues couvrent presque tout l’arsenal répressif algérien en matière de terrorisme.
L’accusation vise d’abord l’appartenance à un groupe terroriste actif hors des frontières, ainsi que la création et la direction d’une organisation armée destinée à commettre des attentats. Viennent ensuite les crimes de sang, avec l’assassinat avec préméditation, le meurtre accompagné d’actes de torture et de barbarie, et l’homicide commis pour faciliter la fuite des auteurs d’un autre crime. S’y ajoutent la séquestration par des individus portant un uniforme officiel, les enlèvements sous la menace et la violence, ainsi que le transport et la détention d’armes de guerre de première et de deuxième catégorie sans autorisation.
Un dernier volet concerne les destructions, puisque les accusés sont poursuivis pour avoir endommagé volontairement des installations à l’aide d’explosifs et détruit des ouvrages d’utilité publique. Chacun de ces chefs est décliné aussi sous la forme de la complicité, ce qui alourdit encore un dossier déjà considérable.
M. M
Tiguentourine : 13 ans après, le procès s’ouvre le 17 janvier 2027
