Les principes fondateurs du Mouvement des non-alignés, sont plus que jamais d’actualité face à l’érosion du système des Nations unies, qui a cédé place à la force comme moyen de règlement des crises et des conflits. C’est la conviction de l’Algérie et du Président de la République Abdelmadjid Tebboune.
Dans son allocution, hier, à la réuni de haut niveau commémorant le 65e anniversaire de la première Conférence fondatrice du Mouvement des non-alignés, qui se tient en République de Serbie, lue en son nom par la Présidente de l’APN, Mme Khalida Boufedech, le chef de l’Etat, a d’emblée mis en avant l’importance de l’événement.
Cette réunion « témoigne clairement de notre engagement commun, en tant qu’États membres de ce mouvement historique, envers les buts et les principes de la Déclaration de La Havane et de notre détermination collective à renforcer notre coopération et à agir comme un bloc uni et efficace au sein du système international pour relever les divers défis mondiaux », a déclaré Abdelmadjid Tebboune.
Évoquant le contexte mondial, il dira que « compte tenu de la gravité de la situation internationale actuelle, cette réunion offre une occasion précieuse de réaffirmer les principes fondateurs de notre
mouvement ».
Des principes qui, a-t-il souligné, « reposent essentiellement sur la priorité accordée au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, à la non-ingérence dans leurs affaires intérieures, à la protection des intérêts mutuels et au renforcement de la coopération multilatérale, pilier fondamental pour la réalisation des objectifs fixés par les pères fondateurs du mouvement » et qui « puisent leur inspiration dans l’esprit de la Charte des Nations Unies, des Principes de Bandung et de la Conférence de Belgrade de 1961 ».
Pour le Président Tebboune qui ne mâche pas ses mots, ces principes revêtent aujourd’hui « une importance renouvelée, face à la résurgence du recours à la force comme alternative à la diplomatie de bonne foi dans le règlement des différends internationaux, et à l’érosion de la légitimité de la coopération internationale et du système de sécurité collective ». Une érosion, a-t-il regretté, « due à l’incapacité persistante du système des Nations Unies à mettre fin, voire à freiner, les politiques du fait accompli » mais aussi à « la priorité accordée aux intérêts des puissants au détriment des faibles, le traitement sélectif, le deux poids deux mesures et l’application de mesures différentes à nos problèmes communs ».
Devant cette situation, l’Algérie a toujours su rester fidèle à sa doctrine et ses positions inébranlables en toutes circonstances.
Pour Alger, « le non-alignement n’est ni une position du passé, ni un rêve diplomatique éphémère, mais un choix souverain renouvelé, dicté par les profondes transformations que connaît le monde », lance le président de la République, ajoutant que « le principe de souveraineté est indivisible » et que « l’application du droit international ne saurait être sélective et le respect de la légitimité internationale ne saurait être soumis à deux poids deux mesures ».
Citant en exemple, l’agression israélienne persistante dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, les graves violations du droit international et humanitaire, et la catastrophe humanitaire croissante résultant de ce conflit régional généralisé, qui impactent négativement les États membres de Mouvement, Tebboune a affirmé que la communauté internationale se trouve face à une responsabilité historique urgente.
Plus encore, une telle situation contraint les États membres du Mouvement « à adhérer plus fermement encore » à ses principes « en tant que bloc uni, afin de renforcer notre rôle, en tant que plus grande coalition internationale après les Nations Unies, dans la réalisation de la paix et l’instauration de la sécurité et de la stabilité internationales ».
Surtout que cette coalition regroupe « plus de 120 pays », « ce qui fait de nous une force influente et une voix unie sur la scène internationale », affirme le Président Abdelmadjid Tebboune.
Farid B.
Tebboune, dans son discours à la réunion du Mouvement des non-alignés: Soyons « une voix unie » pour la paix au monde
