La décision du Groupe d’action financière (GAFI) de retirer l’Algérie de la liste grise a été l’une des questions majeures évoquées lors de la réunion du dernier Conseil des ministres.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que cette décision constitue une reconnaissance internationale attestant que l’Algérie s’est aujourd’hui, définitivement et de manière irréversible, affranchie de l’ère du blanchiment d’argent et des crimes liés aux mouvements
de capitaux. Il a «rappelé, à l’occasion de cette grande réalisation, que la réputation de l’Algérie avait été fortement entachée sur le plan international en raison des dépassements financiers qui prévalaient avant 2019». Le chef de l’état n’a pas manqué d’adresser ses remerciements au ministre des Finances et au Gouverneur de la Banque d’Algérie, en particulier, et à l’ensemble des cadres et travailleurs du secteur
des finances, en général, pour leurs efforts ayant permis à l’Algérie de sortir de la liste grise du GAFI.
Il a en outre «enjoint aux ministres des Finances et de la Justice d’œuvrer avec rigueur et fermeté à prévenir tout dépassement dans les transactions financières à l’avenir et de garantir la transparence, notamment à la lumière des réformes économiques, financières et judiciaires engagées par l’Algérie depuis l’élection du président de la République en 2019, et conformément à son engagement à consolider la réputation de l’Algérie à l’échelleinternationale, à tous les niveaux», selon un communiqué du Conseil des ministres.
La sortie de la liste grise du GAFI est l’aboutissement d’efforts considérables déployés depuis l’inscription de l’Algérie sur cette liste de législations à surveiller. Dés son inscription sur la liste grise, le pays a immédiatement mis en œuvre un plan d’action rigoureux pour mettre en adéquation son dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux avec le référentiel du GAFI. C’est à ce titre que la loi n°05-01 du 6 février 2005 relative à la prévention et au blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme fût modifiée par la mise en oeuvre d’une nouvelle loi n° 25-10 du 24 juillet 2025, plus stricte et incluant de nombreux points de contrôle et des sanctions.
Le dispositif relatif au registre public des bénéficiaires effectifs des personnes morales, incluant dans son champ d’action les sociétés, associations, ONG avec obligations déclaratives au niveau du CNRC, a été actualisé. De son côté, la Banque d’Algérie a publié en 2025 son rapport d’évaluation sectorielle des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme du secteur bancaire et d’Algérie poste, dans le cadre des missions de supervision exercées par la Commission bancaire.
Les lois de finance 2025 et 2026 ont contetenu des mesures visant à restreindre les opérations financières douteuses.
L’enjeu pour l’Algérie était de restaurer son image de marque et sa crédibilité financière. Pour les spécialistes des finances, il s’agit d’un grand pas vers la réalisation de ces objectifs.
Ainsi, l’économiste, Brahim Guendouzi, estime que la décision du GAFI est de nature à renforcer l’attractivité de l’Algerie vis vis-à-vis des investisseurs étrangers.
Selon lui, les banques locales gagneraient en crédibilité avec leurs partenaires étrangers et les opérateurs économiques auront plus de fluidité dans leurs transactions commerciales à l’international.
Fateh H.
Sortie de l’Algérie du GAFI: Une reconnaissance internationale des réformes engagées
