Sommet du GECF à Moscou : l ’Algérie, membre fondateur,au rendez vous du 25 au 27 octobre

Du 25 au 27 octobre, Moscou accueille le 8e Sommet des chefs d’État et de gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF). Deux ans après celui d’Alger, qui avait débouché sur l’adoption de la Déclaration d’Alger, le rendez-vous revêt pour l’Algérie, membre fondateur du Forum, une importance
particulière. Il se tient à un moment où le marché mondial du gaz change de visage, sous l’effet de la montée du gaz naturel liquéfié (GNL), de la recomposition des flux d’approvisionnement, des tensions géopolitiques et du besoin d’investissements massifs dans les infrastructures.

Autour de la table, on trouvera les chefs d’État et de gouvernement des pays membres, des représentants des pays observateurs, des ministres de l’Énergie, des responsables d’organisations internationales, des dirigeants de grandes compagnies d’hydrocarbures et des experts du secteur. Les échanges porteront sur la sécurité énergétique, l’évolution des marchés, le GNL, les infrastructures, la pétrochimie, les nouvelles technologies et la coopération scientifique. Une déclaration commune est attendue pour fixer les orientations des participants.

D’après le ministère russe de l’Énergie, le projet de texte avance des propositions concrètes pour ouvrir de nouveaux marchés, avec des financements ciblés, le recours à l’intelligence artificielle pour anticiper la demande et des programmes de formation. Le sommet tombe aussi à une date symbolique, puisque le GECF fête ses 25 ans. Les préparatifs, menés à Doha par un groupe de travail de haut niveau où l’Algérie siège aux côtés des autres délégations, ont permis d’examiner le projet de déclaration et les documents stratégiques qui seront soumis aux dirigeants. L’enjeu est considérable.

Les douze pays membres détiennent près de 70% des réserves prouvées de gaz de la planète, assurent 38% de la production commercialisée et 42% des exportations mondiales, dont 47% de celles de GNL.
Dans cet ensemble, l’Algérie occupe une place à part. Producteur historique, elle compte parmi les principaux fournisseurs de gaz de l’Europe par gazoduc. Les chiffres du Forum pour les sept premiers mois de 2026 confirment cette dynamique, avec des livraisons en hausse de 5% vers l’Italie par le gazoduc Enrico Mattei et de 13% vers l’Espagne par Medgaz.

Sur la période, le pays s’est hissé au deuxième rang des fournisseurs de l’Union européenne en gaz par gazoduc, derrière la Norvège. De quoi conforter son image de partenaire fiable, à l’heure où les pays consommateurs placent la sécurité de leurs approvisionnements au premier plan, et donner plus de poids à sa voix au sein du Forum, notamment sur les infrastructures de transport, la complémentarité entre gazoducs et GNL ou le financement des grands projets. Reste à transformer ces orientations en projets et en partenariats réels. Car les atouts des pays du GECF évoluent dans un marché de plus en plus concurrentiel, où le GNL gagne du terrain et où les acheteurs exigent à la fois sécurité, flexibilité et prévisibilité des prix.

Pour l’Algérie, l’échéance moscovite s’inscrit dans un effort plus large de consolidation de sa place sur les marchés européens et de diversification de ses débouchés. Si les exportations par gazoduc affichent une belle progression, la filière GNL doit encore relever des défis de capacité et de compétitivité.
Le sommet offre un cadre approprié pour confronter les solutions industrielles et technologiques susceptibles de la faire avancer.

R. Tiar