Près de deux millions d’étudiants ont retrouvé, ce mardi, les amphithéâtres et les laboratoires des établissements d’enseignement supérieur à travers le pays, à l’occasion du coup d’envoi de l’année universitaire 2026-2027.
Une rentrée placée sous le signe de l’ambition numérique et scientifique, dont le lancement officiel s’est tenu, fait notable, non pas dans la capitale mais à Jijel, choix que le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a tenu à justifier lui-même.
Un choix qui se veut un message
Arrivé dès le matin dans la wilaya, le ministre a présidé la cérémonie officielle d’ouverture à l’université Mohamed-Seddik-Ben-Yahia, dans la salle Djerfi-M’barek du pôle universitaire Tassoust, en présence du wali de Jijel, Ahmed Meguelati, de plusieurs directeurs d’universités et de la famille universitaire locale.
Devant cette assemblée, Kamel Baddari a insisté sur la portée symbolique de ce choix, qu’il a qualifié de national. Sa présence à Jijel, a-t-il expliqué, se voulait un message de solidarité, d’accompagnement et de proximité avec les populations de la région, la traduction d’une conviction simple selon laquelle l’espoir se construit au cœur même des défis.
En ouvrant l’année universitaire depuis cette wilaya, l’Algérie entendait ainsi démontrer qu’elle ne se résigne pas face aux difficultés.
Au-delà du symbole, la visite ministérielle s’est doublée d’un volet concret pour le territoire.
Kamel Baddari a présidé la signature de trois conventions entre l’université de Jijel et des entreprises économiques publiques, le port de Djendjen, Kotama Agrifood, actif dans la trituration des graines de soja, l’extraction d’huiles végétales et la production d’aliments de bétail, ainsi que l’entreprise Cosider.
Le ministre a également inauguré un centre d’entrepreneuriat, la faculté de droit et une annexe de l’école normale supérieure, toutes deux fraîchement numérisées, avant de visiter une exposition de start-up spécialisées dans l’électronique et l’intelligence artificielle.
Une rentrée à l’échelle nationale, portée par le nombre
Si Jijel a accueilli le coup d’envoi symbolique, c’est bien l’ensemble du pays qui accueille cette année
1 884 839 étudiants, répartis entre établissements universitaires et centres de recherche.
Ce chiffre global inclut 2 600 étudiants étrangers, issus de 36 nationalités différentes, bénéficiaires du programme «étudier en Algérie».
Pour leur accueil, le ministère affirme avoir mobilisé l’ensemble des moyens humains et matériels disponibles, dans la continuité d’un processus de transformation de l’université algérienne en partenaire actif du développement économique et de la création de richesse, conformément à la vision portée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a constamment défendu le rôle de l’université dans la consolidation de la place de l’Algérie parmi les pays producteurs de savoir, capables de maîtriser et de développer les technologies plutôt que de se contenter de les importer.
L’intelligence artificielle au cœur des nouveautés pédagogiques
Cette rentrée se distingue surtout par l’ampleur des réformes pédagogiques engagées.
Le ministère lance ainsi un parcours pédagogique personnalisé pour l’étudiant, appuyé sur les technologies de l’intelligence artificielle, permettant de construire un cursus adapté aux aspirations de chacun.
Un modèle linguistique intelligent est par ailleurs développé au profit des enseignants, destiné à faciliter la préparation des exercices et activités pédagogiques, tandis que l’intelligence artificielle sera également mobilisée pour l’évaluation des réponses des étudiants. Treize nouvelles spécialités liées aux métiers de demain viennent enrichir l’offre de formation, parmi lesquelles un cursus d’ingénieur d’état en intelligence artificielle, un master intégré en technologies quantiques, un master en interopérabilité des systèmes d’information et un master en mécanique des systèmes spatiaux.
Les sciences de gestion, économiques et humaines font elles aussi l’objet d’une révision de leurs programmes, dans un souci de plus grande flexibilité.
En coordination avec le ministère de la Santé, de nouvelles spécialités voient également le jour dans le domaine médical, dont une licence en santé et hygiène bucco-dentaire, ainsi que des masters en conseil génétique, en intelligence artificielle médicale, en bioinformatique médicale et en addictologie, sans oublier la création d’un diplôme d’études supérieures spécialisées en médecine de précision.
La dimension identitaire n’est pas en reste, avec le lancement d’une formation en sciences de l’information et de la communication en langue amazighe, assortie d’une spécialité audiovisuelle, et la généralisation de l’enseignement de l’histoire de l’Algérie ainsi que de la citoyenneté et du patriotisme dans l’ensemble des filières.
L’ouverture internationale se renforce également, avec six nouvelles offres de formation issues d’accords de jumelage et de partenariats, tandis qu’un nouveau master en journalisme d’agence voit le jour, fruit d’une collaboration entre l’Université d’Alger 3 Ibrahim-Sultan-Cheibout et l’agence Algérie Presse Service.
Enfin, la transformation numérique du secteur franchit une nouvelle étape avec 74 plateformes numériques désormais déployées, socle de ce que le ministère présente comme le passage vers une université de quatrième génération, résolument ouverte sur son environnement économique et social.
Farid B.
