Plus de cinquante films et une vie dédiée à la scène : Sid Ahmed Agoumi, une légende du théâtre et du cinéma algériens s’en va

L’Algérie perd l’une de ses plus grandes figures artistiques. Sid Ahmed Agoumi, de son vrai nom Sid Ahmed Meziane, s’est éteint hier dimanche, à quelques semaines de ses 86 ans, qu’il aurait fêtés le 5 octobre prochain.
Avec lui disparaît un visage familier de plusieurs générations, un artiste dont le talent et le charisme ont marqué durablement la scène et l’écran du pays.

Au cinéma, sa filmographie compte plus de cinquante longs métrages. Il a prêté son jeu à des réalisateurs venus d’horizons très différents, de Z de Costa-Gavras, film emblématique du cinéma politique, à La Voie de Mohamed Slim Riad.
On l’a vu dans Les Hors-la-loi de Tewfik Farès, dans Kahla ou Beida de Abderrahmane Bouguermouh et dans Le Moulin de M. Fabre d’Ahmed Rachedi, mais aussi dans Il était une fois dans l’Oued et dans L’Italien, aux côtés de Kad Merad, en 2010. Cette étendue de rôles, du drame historique à la comédie, dit la richesse d’un comédien capable de s’adapter à tous les registres sans jamais perdre sa singularité.

Sa vie ne s’est pas limitée au jeu. Sid Ahmed Agoumi a aussi mis son expérience au service de l’institution culturelle. Il a dirigé la Maison de la culture de Tizi Ouzou, le Théâtre national algérien, ainsi que les théâtres de Annaba et de Constantine entre 1974 et 1975. Il a également été à la tête du Centre de culture et d’information. À chacun de ces postes, il a contribué à faire vivre la création et à soutenir la scène nationale.

Sur les planches comme sur grand écran, il aura tenu l’art pour une responsabilité et un message, selon les termes de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda.
Les hommages du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et de la ministre ont salué la mémoire d’un homme dont le nom restera inscrit dans l’histoire de l’art algérien, et dans le cœur de ceux qui ont grandi avec ses rôles.

Amina S.