Nouvelle stratégie de l’Algérie au Sahel : Une double dynamique sécuritaire et diplomatique, selon l’IRIS

L’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) analyse le changement d’approche de l’Algérie dans la région du Sahel, en y voyant une double dynamique sécuritaire et diplomatique dictée par la situation dans la région.
Brahim Oumansour, expert en stratégie internationale au sein des formations en Défense, sécurité et gestion de crise et Géopolitique et prospective, chercheur associé à l’IRIS où il dirige l’Observatoire du Maghreb, a rappelé le déploiement d’avions de combat au Niger, avant de livrer son analyse.

«Le déploiement militaire au Niger s’inscrit dans une double dynamique sécuritaire et diplomatique. Cette opération survient plus largement dans un contexte régional profondément déstabilisé, marqué par une recomposition géopolitique rapide au Sahel», a expliqué le directeur de l’Observatoire du Maghreb
au sein de l’IRIS.

Pour Alger, la dégradation de la situation dans la région représente un enjeu direct de sécurité nationale, soutient le chercheur en rappelant que l’Algérie partage environ 2 500 km de frontières avec le Sahel, dont près de 1 000 km avec le Niger qui constitue aussi un axe majeur des routes migratoires subsahariennes vers l’Afrique du Nord.
Pour l’expert en questions sécuritaires, l’envoie d’avion de combat au Niger marque «un tournant historique dans la politique étrangère de l’Algérie».

«Le déploiement de son arsenal militaire hors frontières algériennes – longtemps impensable dans la doctrine algérienne – invoque effectivement un changement de paradigme dans sa politique étrangère (…) Cela traduit une démonstration de force avec une nouvelle posture clairement assumée par laquelle Alger envoie un signal fort destiné surtout aux puissances et acteurs régionaux qu’Alger qualifie d’‘’hostiles’’et accuse de jouer un rôle qui contribue à l’instabilité dans son environnement régional», a expliqué l’Institut.

Il ajoute que les dirigeants algériens veulent rompre avec une politique étrangère fondée seulement sur une politique défensive et une diplomatie de médiation neutre rendues peu efficace par des interventions parfois musclées de puissances extérieures et dont l’influence ne cesse de croître dans la région.

Désormais, estime la même source, Alger veut assumer pleinement son rôle de pivot de stabilité régionale et de réinvestir son influence régionale en accompagnant sa diplomatie par le développement de la coopération économique, principalement dans le secteur énergétique, accompagné désormais par sa force militaire.
L’IRIS évoque une évolution profonde qui converge vers une redéfinition structurelle de la stratégie régionale algérienne.

Fateh H.