Municipales et wilaya les du 28 novembre 2026 : L’ANIE verrouille l’accès aux listes L’argent douteux, les liens de parenté et les dettes fiscales exclus des candidatures

Quatre-vingts jours des élections locales, l’Autorité nationale indépendante des élections a choisi de fermer plusieurs portes en même temps.
Celle de l’argent d’origine douteuse, celle des dynasties familiales qui monopolisent une même liste, celle des candidats en délicatesse avec le fisc.

Dans un communiqué détaillant les conditions de dépôt des candidatures aux municipales et wilayales du 28 novembre 2026, l’organe électoral a fixé un cadre resserré, où chaque dossier devra désormais faire la preuve de sa transparence avant même le premier bulletin de vote.
Le texte reprend d’abord les fondamentaux, avoir 23 ans révolus le jour du scrutin, être de nationalité algérienne, être inscrit sur les listes électorales de la circonscription visée, avoir accompli le service national ou en être dispensé, et ne pas avoir été condamné définitivement pour crime ou délit, les délits non intentionnels restant, eux, sans incidence. Rien que de très classique. Mais deux exigences donnent au texte sa tonalité particulière cette année.

La première concerne l’argent. Aucun candidat ne doit être identifié publiquement comme gravitant dans des milieux d’affaires suspects, ni soupçonné de chercher à peser, directement ou indirectement, sur le choix des électeurs.Une formulation large, qui laisse à l’Autorité une marge d’appréciation certaine, mais qui traduit une volonté affichée de tenir à distance les réseaux d’influence financière des assemblées locales.
La seconde touche à la famille : plus de deux parents ou alliés jusqu’au deuxième degré ne pourront figurer sur une même liste, une manière de contrer la pratique, courante dans certaines communes, des listes construites sur une base clanique plutôt que politique.

À cela s’ajoute l’obligation, pour chaque candidat, de régulariser sa situation fiscale, paiement intégral, échéancier ou attestation de non-imposition, sous peine de voir son dossier écarté.
Sur la composition même des listes, l’Autorité rappelle les quotas devenus habituels : un tiers de femmes dans les communes de plus de 20 000 habitants, la moitié des candidats âgés de 40 ans au plus le jour du vote, et un tiers au moins titulaires d’un diplôme universitaire. Le nombre de candidats doit également dépasser le nombre de sièges à pourvoir, de six ou sept selon que la circonscription élit un nombre pair ou impair d’élus.

Reste la question du parrainage. Une liste peut être validée si le parti qui la porte a recueilli plus de 4% des suffrages exprimés dans la circonscription lors du dernier scrutin local, ou s’il dispose d’au moins dix élus dans les assemblées locales de la wilaya concernée
À défaut, pour un parti nouvellement en lice ou une liste indépendante, il faudra réunir au moins 35 signatures de citoyens par siège à pourvoir. Une exception notable concerne les wilayas nouvellement créées : leurs listes seront dispensées de cette collecte de signatures dès lors que l’une des deux conditions de représentativité était remplie dans la wilaya d’origine lors des précédentes élections locales.
En marge de la publication de ces règles, le président de l’ANIE, Saad Arous, a reçu le ministre de la Communication pour évoquer les préparatifs du scrutin, dans le cadre des rencontres de coordination que l’Autorité mène régulièrement avec les membres du gouvernement.

Une rencontre présentée comme une étape de plus dans le renforcement de la coordination institutionnelle entre les deux parties, à un moment où le rôle du secteur de la communication dans l’accompagnement du processus électoral notamment la diffusion d’une information fiable et une couverture médiatique responsable est présenté comme central.

Adnane C