Moissons, troupeaux, barrages: Un tableau de bord pour piloter l’agriculture algérienne

Aevant un parterre de cadres centraux et locaux, de directeurs d’instituts, de responsables de groupes économiques et de membres du Conseil scientifique national de la sécurité alimentaire, le ministre Yacine El-Mahdi Oualid a officiellement lancé le Système national d’information agricole, une plateforme appelée à devenir, à terme, le tableau de bord central d’un secteur longtemps gouverné à vue.
L’ambition affichée tient en une phrase, remplacer l’intuition par la donnée. Conçu par de jeunes compétences algériennes, ce système doit collecter, sécuriser, traiter et analyser les informations du terrain pour nourrir la prise de décision, aussi bien au niveau central que dans les wilayas.
Il s’inscrit dans le plan d’action 2026 du secteur agricole, dont la modernisation et la numérisation constituent désormais un axe assumé.
La version inaugurale du système se concentre sur un enjeu saisonnier, a campagne moisson-battage.
Le module permet de saisir et d’analyser quotidiennement l’avancée des récoltes, de signaler en temps réel les difficultés de terrain, notamment le manque récurrent de moissonneuses-batteuses, et de suivre les superficies récoltées région par région, culture par culture.
Fait notable, il ouvrira aussi la commercialisation aux producteurs de céréales qui ne disposent pas encore de la carte d’agriculteur, leur permettant de déposer leur production dans les centres de stockage de l’Office. Mais ce premier module n’est qu’une porte d’entrée.
Le ministère prévoit une généralisation progressive à l’ensemble du secteur : un registre national de l’agriculture, un registre foncier agricole pour cartographier les périmètres cultivés, un système de gestion du cheptel intégrant le suivi vaccinal, ou encore un dispositif de traçabilité des aides publiques et des crédits alloués aux agriculteurs.
Le volet économique n’est pas en reste, avec une plateforme unifiée de financement agricole, un module d’assurance pour évaluer la couverture des risques, et un système de régulation des marchés capable de suivre, produit par produit, les prix de gros et de détail.
Plus frappant encore : le système intègre une dimension climatique et sécuritaire, avec un suivi des ressources hydriques et du niveau de remplissage des grands barrages, un module dédié à la pêche et à l’aquaculture, un dispositif de surveillance du couvert forestier et des risques d’incendie, ainsi qu’un système de veille sur les risques stratégiques, épidémies, sécheresse, sécurité alimentaire.
A. G.