A Bordj El Bahri, l’amphithéâtre de l’École nationale de management et de l’administration de santé a des airs de passage de témoin. Ce mardi, 44 praticiens, médecins, pharmaciens, chirurgiens-dentistes y ont reçu bien plus qu’un diplôme, la responsabilité de veiller, depuis l’intérieur du système, sur la qualité
des soins prodigués aux citoyens.
C’est le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, qui a présidé la cérémonie de sortie de cette troisième promotion de praticiens médicaux inspecteurs en santé publique.
Devant les lauréats, il a tenu à inscrire cet événement dans une dynamique plus large, celle d’un investissement continu de l’État dans les compétences humaines du secteur sanitaire. «Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, accorde une importance particulière au développement des ressources humaines dans le secteur de la santé, à travers un investissement continu dans la formation des compétences, en adéquation avec les réformes engagées et les évolutions sanitaires et technologiques», a-t-il rappelé.
La promotion sortante se compose de 34 médecins inspecteurs de santé publique, 6 pharmaciens inspecteurs et 4 chirurgiens-dentistes inspecteurs. Pendant une année, ponctuée de trois mois de stage pratique, ces praticiens ont acquis les outils techniques, réglementaires et opérationnels qu’exige désormais l’exercice de l’inspection sanitaire, un métier à la croisée du droit, de la médecine et
de la gestion publique. Au-delà des chiffres, le ministre a tenu à saluer le choix de carrière de ces nouveaux diplômés, qualifiant leur mission de «noble», tant elle suppose intégrité, sens des responsabilités et un haut niveau de professionnalisme.
Car l’inspecteur en santé publique, a-t-il rappelé, ne se contente pas de vérifier l’application des textes réglementaires. Sa mission s’étend à «l’évaluation objective des pratiques ainsi que la formulation de propositions concrètes susceptibles d’améliorer les performances des structures sanitaires et de renforcer la sécurité des patients». Une définition qui dit, en creux, l’ambition du ministère, faire de l’inspection un levier d’amélioration continue plutôt qu’un simple instrument de contrôle.
Cette philosophie s’inscrit dans un contexte de transformation plus vaste, celui de la numérisation du secteur et du renforcement des principes de bonne gouvernance.
Des mutations qui, selon le ministre, appellent des cadres hautement qualifiés, capables d’accompagner cette dynamique de modernisation sans en perdre le sens. En clôture de son intervention, Mohamed Seddik Aït Messaoudene a réaffirmé l’engagement du ministère à poursuivre ses efforts en matière de formation spécialisée, présentée comme un choix stratégique pour consolider la professionnalisation des ressources humaines et améliorer, durablement, la qualité du service public de santé. Une promesse que les 44 nouveaux inspecteurs auront désormais la charge de traduire en actes, sur le terrain, au plus près des structures de santé et des patients qu’elles accueillent .
Anais G.
44 nouveaux inspecteurs pour consolider le contrôle qualité des soins: Le pari de Tebboune pour une santé publique plus rigoureuse
