LOCALES 2026 : la Purge des candidatures rebat les cartes dans les wilayas

A quatre semaines du scrutin, les listes électorales se refont dans la précipitation. Dans plusieurs wilayas, les rejets de dossiers prononcés par les délégations de l’Autorité nationale indépendante des élections ont écarté de la course des élus chevronnés, des maires en exercice et des visages connus de la scène politique locale. Les partis, qui comptaient sur leur expérience et leur ancrage, doivent désormais trouver des remplaçants et boucler leurs listes avant le coup d’envoi de la campagne.

À Mostaganem, plus de la moitié des anciens élus ne figurent pas parmi les candidats, dont les maires de Hassiane, Touahria, Sour, Sidi Lakhdar et Hassi Mameche. Les rejets, les choix des partis et des listes indépendantes, et le retrait volontaire de certains élus laissent présager un renouvellement marqué des 32 Assemblées populaires communales et de l’Assemblée de wilaya. Sont aussi concernés d’anciens parlementaires, d’anciens présidents d’APW et des secrétaires de wilaya de partis, tandis que plus de quinze membres de l’APW sortante ne se représentent pas.

Les refus fondés sur l’article 184 de la loi électorale ont contraint certaines formations à aligner des candidats novices. À Aïn Oussara, six maires sur dix ont vu leur dossier rejeté. Trois ont été validés, ceux de Guernini, de Sidi Laadjel et de Hassi Fedoul, alors que le maire de Had Sahary n’a pas déposé le sien.
Sur le plan communal, le RND, le FLN et le Front El Moustakbal se présentent chacun dans dix communes, le Mouvement El Bina dans sept, Sawt Echaab dans deux et TAJ dans une. Pour l’APW, six partis ont déposé des listes, mais celle du MSP a été écartée.

Sidi-Bel-Abbès paie un lourd tribut. Les listes de wilaya ont perdu six noms au FLN, huit au RND, neuf au Front El Moustakbal et neuf au Mouvement El Bina, sept candidats indépendants, quatre à TAJ et autant à Sawt Echaab, et deux au MSP comme à El Karama. Des données locales évoquent le rejet d’environ 80% de l’actuelle composition de l’APW, ainsi que de deux présidents d’APC qui visaient un siège à l’Assemblée de wilaya. Une quinzaine de maires en exercice sont touchés, parmi lesquels ceux de Ras El Ma, d’Oued Sebaa et de Telagh, alors que ceux de Marhoum, de Daya, de Ben Achiba Chelia et d’Aïn Tindamine y échappent.

Même la liste FLN de la commune chef-lieu a perdu douze candidats sur cinquante, et les partis peinent à recruter des remplaçants, singulièrement parmi les moins de quarante ans. À Laghouat, le tribunal administratif examine depuis jeudi dernier plus de soixante recours de candidats de Laghouat et d’Aflou écartés par l’Autorité indépendante. Selon des sources locales, tous ceux jugés jusqu’ici ont été rejetés. Ces décisions, qui visent des élus sortants, des maires et des candidats de tous âges, seraient liées aux conditions d’éligibilité, à la moralisation de la vie politique et aux liens avec les milieux d’argent.

La wilaya, qui compte douze communes, 84 centres et 519 bureaux de vote, a enregistré 52 listes et 1 522 candidats, dont 1 246 pour les communales sur 46 listes, et 276 pour l’APW sur six listes de sept partis. Douze formations avaient retiré les formulaires de candidature. À Boumerdès, les remaniements sont tout aussi visibles. Plusieurs présidents d’APC, leurs adjoints et d’autres candidats auraient été écartés, et des informations circulent sur un possible chiffre de 28 maires concernés, dont ceux de Boumerdès, Baghlia, Hammadi, Boudouaou et Ouled Aïssa.

L’éviction d’un maire en exercice nourrit déjà les interrogations sur les raisons de la décision. Selon le coordinateur de wilaya de l’Autorité, Ahmed Sebaa, 113 dossiers ont été reçus pour les communales, émanant de neuf partis et d’une liste libre, ainsi que huit pour l’APW. Entre visages qui disparaissent, nouveaux venus et anciens qui espèrent revenir, le paysage politique local se redessine avant même le début de la campagne.

Farid B.