L’IA s’invite dans la compétition: Tunisie : Sara Lalmi au jury du Festival international des vidéos de sensibilisation

C’est à Sousse, du 28 au 30 août, que se tiendra la sixième édition du Festival international des vidéos de sensibilisation (FIVS), un rendez-vous qui entend cette année franchir un cap symbolique. Placée sous le thème « De l’image de sensibilisation à la fabrique de la conscience, de la créativité humaine aux horizons de l’intelligence artificielle », cette nouvelle livraison traduit les mutations profondes que traverse l’industrie de l’image et du contenu numérique.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’Union des radios et télévisions des Etats arabes (ASBU), au Centre urbain nord de Tunis, les organisateurs ont dévoilé les contours de cette édition : résultats de la sélection, composition des jurys, ateliers de formation et événements parallèles.
L’Algérie y sera représentée par 15 œuvres, sur un total de 52 films inscrits et 22 effectivement soumis. Signe de l’empreinte algérienne sur cette édition, la comédienne Sara Lalmi siège au sein du jury international, tandis que l’ingénieur et spécialiste en intelligence artificielle Mohamed Tahar Guerairia anime, aux côtés d’Imed Zarai, un atelier consacré aux usages des technologies nouvelles dans l’écriture, la production et la fabrication visuelle des films. Walid Ben Hassen, directeur fondateur du festival, a rappelé que le FIVS est né de la conviction que l’image et la vidéo constituent des leviers puissants pour sensibiliser aux enjeux humains, sociétaux, environnementaux, sanitaires et culturels. Fort de cinq éditions précédentes, l’événement a su attirer des centaines d’œuvres venues de Tunisie et d’ailleurs, tout en offrant aux jeunes créateurs un espace pour perfectionner leurs compétences en production audiovisuelle. Le festival, précise-t-il, a depuis dépassé le simple cadre du concours pour devenir un véritable lieu de formation, d’échange et de découverte de talents.
La grande nouveauté de cette sixième édition réside dans la création d’une compétition distincte pour les œuvres exploitant l’intelligence artificielle, aux côtés de celle dédiée à la créativité humaine. Selon Aymen Dardouri, directeur du festival, l’objectif n’est pas d’opposer l’humain à la machine, mais d’ouvrir un espace d’expérimentation et de réflexion sur la place de la technologie au service du message de sensibilisation. La compétition « créativité humaine » valorise les compétences des participants à chaque étape de la production idée, scénario, image, réalisation, jeu d’acteur, musique et montage tandis que la compétition « intelligence artificielle » accueille les œuvres ayant recours à ces outils, en production ou dans certaines de leurs composantes créatives.
Dardouri insiste néanmoins sur un principe : la technologie reste un outil au service du créateur, incapable de se substituer à l’idée et à la vision humaine, la véritable valeur d’une vidéo de sensibilisation résidant dans la force de son message.
Le processus de sélection a permis de retenir 110 films issus de 12 pays pour les compétitions officielles, répartis entre 64 œuvres en créativité humaine et 46 en intelligence artificielle. Les candidatures ont été évaluées selon des critères précis force et originalité de l’idée, clarté du message, qualité du traitement, capacité d’impact sur le public, ainsi que qualité de l’image, du son et du montage avec, pour les œuvres relevant de l’IA, une attention particulière portée à la manière dont la technologie sert le propos du film.
Le respect de la durée réglementaire, comprise entre une et six minutes, ainsi que la disponibilité de la langue arabe ou de son sous-titrage, ont également été vérifiés. Une catégorie « en marge du festival » a par ailleurs été créée pour les œuvres n’ayant pas rempli toutes les conditions du concours officiel, mais portant des messages de sensibilisation jugés dignes d’être mis en avant dans le programme parallèle.
La composition des jurys a également été dévoilée : le comité de sélection est présidé par Hayan Dagrir, entouré de Karima El Aouini, Mohamed El Kadar et Souha Kefsaoui. Le jury international, lui, est présidé par le Tunisien Salah Eddine Mosdak, et réunit Saleh El Jedi et Nasreddine Rakam (Tunisie), Ramadan El Mizdaoui (Libye), Sara Lalmi (Algérie) et Mohamed Erradani (Maroc) une diversité de profils qui traduit la volonté du festival d’offrir une lecture artistique et professionnelle croisée, nourrie d’expériences arabes variées. Dix critères guident par ailleurs l’évaluation des œuvres en compétition : force de l’idée, valeur du message de sensibilisation, capacité d’impact et de portée auprès du public, qualité du scénario et du traitement, créativité et innovation, qualité de l’image et de la réalisation, son et montage, usage créatif de la technologie, cohérence entre forme et fond, et impact social et humain de l’œuvre autant de repères qui rappellent qu’une vidéo de sensibilisation ne se juge pas à sa seule esthétique technique, mais à sa capacité à transformer une idée en message clair et porteur de sens.
Trois volets structurent ainsi la compétition de cette sixième édition créativité humaine, intelligence artificielle et prix du public, ce dernier permettant aux internautes de désigner, par le vote sur la page Facebook officielle du festival, l’œuvre qu’ils jugent la plus marquante. Une manière, pour les organisateurs, de transformer le spectateur en acteur de l’expérience festivalière.
Au-delà des projections et de la compétition, le programme parallèle propose plusieurs ateliers et rencontres spécialisées. L’Institut supérieur des beaux-arts de Sousse accueillera ainsi, samedi 29 août, un ensemble de formations animées par des professionnels : un atelier de jeu d’acteur encadré par l’artiste Saber Ouslati, consacré au travail de la performance et de la présence devant la caméra ; un atelier sur la production de contenu positif, animé par Alaeddine El Khnissi et Sofiane Amrousia ; et un atelier sur la réalisation de films par intelligence artificielle, mené par le créateur de contenu Imed Zarai et l’ingénieur Mohamed Tahar Guerairia. A travers cette sixième édition, le FIVS affiche une ambition claire : élargir la notion même de vidéo de sensibilisation, d’un simple format court porteur d’un message à un véritable outil de fabrication de la conscience collective. Entre créativité humaine et intelligence artificielle, le festival pose des questions qui dépassent le cadre de la compétition comment évoluera l’industrie de l’image, que restera-t-il de l’humain à l’heure des outils numériques, et comment mettre la technologie au service d’un message qui ne perde rien de son humanité .
Amina.S.