L’hégémonie partisane éclipse les candidatures indépendantes : hausse significative des candidatures et prédominance des partis

A l’approche des élections des Assemblées populaires communales (APC) et de wilaya (APW) prévues le 28 novembre 2026, les données publiées par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) révèlent une dynamique électorale marquée par un accroissement notable du nombre de prétendants, démentant les prédictions d’un désintérêt politique. La comparaison entre les dossiers déposés pour le scrutin de 2026 et les candidatures retenues lors des locales de 2021 fait ressortir une augmentation globale du nombre d’aspirants.

Pour les conseils communaux, l’effectif grimpe à 141 388 candidats répartis sur 5 631 listes, contre
115 203 en 2021, soit une hausse de 22,7% en dépit d’un léger repli de 3,3% du total des listes engagées.
Au niveau des wilayas, l’effectif atteint 21 476 prétendants sur 434 listes contre 18 993 auparavant, marquant une progression de 13,1%. Ce renouvellement s’inscrit dans un cadre territorial réaménagé, où le nombre de wilayas est passé de 58 à 69, tandis que le réseau communal demeure fixe avec 1 541 communes.

L’analyse de la typologie des candidatures met en évidence une recomposition politique profonde. Les listes partisanes représentent désormais 95,4% du paysage communal avec 5 371 listes, en hausse de 11,1%, tout en progressant de 19,8% à l’échelle des wilayas. À l’inverse, les candidatures indépendantes enregistrent un recul spectaculaire, chutant de 75,8% au niveau communale (239 listes contre 987 en 2021) et de 72,7% au niveau de wilaya (24 listes contre 88).

En parallèle, les alliances de formations politiques connaissent une nette émergence, passant de 2 à 21 listes pour les APC et de 1 à 5 listes pour les APW. L’ANIE poursuit actuellement la vérification réglementaire des dossiers. Toute décision de rejet doit être juridiquement motivée et notifiée dans un délai de dix jours, ouvrant droit à un recours auprès de la juridiction administrative d’appel qui statue sous quatre jours pour permettre d’éventuels remplacements.

Les candidats concourront selon le mode de scrutin de liste ouverte à la représentation proportionnelle avec vote préférentiel. Sous peine d’invalidation, les listes doivent respecter des règles strictes en intégrant au moins un tiers de femmes, en réservant la moitié des candidatures aux jeunes de moins de 40 ans, et en comptant au minimum un tiers de diplômés universitaires. La campagne électorale officielle débutera trois semaines avant le scrutin pour s’achever trois jours avant le vote.

F. H.