Attaque meurtrière contre l’aéroport de Ryad : Alger condamne et Washington n’exclut pas d’intervenir

L’aéroport international du roi Khalid, à Ryad, a été visé samedi dernier par une attaque qui a fait 12 morts et plus de 300 blessés, la plus meurtrière en plus de dix ans en Arabie saoudite.
Parmi les victimes figurent quatre Saoudiens et des ressortissants du Bangladesh, des États-Unis, d’Égypte, d’Argentine, de Syrie, de Palestine et du Soudan, selon l’autorité saoudienne de l’aviation civile.
Les dégâts matériels sont importants, et les opérations de l’aéroport sont suspendues depuis l’attaque.
Hier lundi, l’autorité a prolongé cette suspension le temps de vérifier que les installations peuvent fonctionner en toute sécurité.

Elle avait annoncé le premier arrêt dès samedi dernier, en attendant d’évaluer l’étendue des dégâts.
L’Algérie a réagi par un communiqué du ministère des Affaires étrangères, qui exprime sa condamnation et son indignation les plus vives. Alger y dénonce une agression qui frappe une infrastructure vitale et fait des victimes innocentes. Elle y voit une violation flagrante de la Charte des Nations unies, du droit international humanitaire et des conventions qui garantissent la sécurité de l’aviation civile, ainsi qu’une menace pour la stabilité de la région et du monde.

L’Algérie redit sa solidarité avec le royaume saoudien et rejette tout acte qui porterait atteinte à sa souveraineté, à son territoire et à la sécurité de ses habitants, nationaux comme résidents.
Son communiqué ne désigne aucun responsable. La coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite au Yémen, elle, accuse les rebelles houthis, proches de l’Iran.

Elle parle d’un crime de guerre et promet une riposte ferme. Cette attaque s’inscrit dans une série de frappes contre des aéroports, des sites militaires et des installations pétrolières saoudiennes, observée depuis qu’une offensive de la coalition a été lancée contre les Houthis il y a environ une semaine.
À Washington, Donald Trump a jugé que ce qui s’est passé n’est pas acceptable.


Interrogé sur une éventuelle participation américaine aux frappes saoudiennes au Yémen, il a répondu que cette option était possible, qu’elle serait examinée et qu’une décision viendrait vite.
Un Américain figure parmi les morts. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit profondément choqué et condamne l’attaque. L’émissaire onusien pour le Yémen, Hans Grundberg, y voit une grave escalade. Le roi Abdallah II de Jordanie a exprimé sa solidarité totale avec Ryad, un Jordanien ayant été tué dans l’attaque, tandis que l’Irak a averti d’un danger pour la stabilité régionale et appelé à l’arrêt complet des opérations militaires. Le Pakistan a lui aussi condamné une attaque qu’il qualifie d’odieuse.

M. M.