Il serait porteur d’un message de Goita au Président Abdelmadjid Tebboune : Après l’apaisement, Maiga à Alger pour relancer la coopération

Entre Alger et Bamako, rien ne semble désormais arrêter la marche vers la redynamisation des relations bilatérales. Après les appels téléphoniques, les signes d’apaisement et le retour des diplomates en postes, voilà qu’un premier face-à-face, est arrivé, à l’occasion du déplacement, ce lundi, du Premier ministre, Chef du Gouvernement de la République du Mali, le Général de Division Abdoulaye Maiga, en Algérie.
D’après un communiqué du gouvernement malien, Maiga «effectuera une visite de travail (…) à l’invitation de son homologue» Sifi Ghrieb. Une invitation qui lui avait été adressée lors d’un entretien téléphonique le 9 août 2026, «à l’initiative de la partie algérienne, traduisant la volonté commune des plus hautes autorités des deux pays de privilégier le dialogue, la concertation et la coopération», rappelle la même source.
C’est donc le premier acte de ce rapprochement amorcé début juillet dernier lorsque les deux pays ont décidé de la réouverture de leur espace aérien, fermé avril 2025.
Ceci, avant que le Président de la République Abdelmadjid Tebboune, n’ordonna le retour, à Bamako, de Kamal Retieb, en qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de l’Algérie, suivi par l’annonce de Bamako du «retour à Alger de (son) ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire».
Cet acte ô combien symbolique devrait donc définitivement sceller le réchauffement entre l’Algérie et le Mali, ouvrant grandes les portes de la coopération et du partenariat au bénéfice des deux peuples unis par une histoire et un destin commun.
D’ailleurs, le communiqué de la Primature du Mali, ne se le cache pas. «Cette visite s’inscrit dans une dynamique de consolidation des relations bilatérales» entre les deux pays, «liés par l’histoire, la géographie, des intérêts communs et une longue tradition de coopération». «Elle témoigne de la volonté partagée de renforcer un dialogue direct, régulier et constructif, fondé sur le respect mutuel, la confiance réciproque, la non-ingérence, ainsi que la préservation des intérêts de chaque État», ajoute la même source, expliquant que les «les échanges prévus permettront d’examiner les voies et moyens de consolider la coopération dans des domaines d’intérêts communs, au bénéfice des peuples malien et algérien, dans un esprit de bon voisinage, de fraternité et de solidarité». Autre détail de taille donné par Bamako, c’est «l’audience» qu’accordera le Président Tebboune au Premier ministre malien, ce dernier étant «porteur d’un message» du général d’Armée, Assimi Goita, Président de la Transition, au chef de l’état algérien. Que dira Goita à Tebboune ? Quelles perspectives offrira ce message aux relations bilatérales ? Et que sera la posture d’Alger qui plaide en permanence pour un Sahel sécurisé et débarrassé des ingérences étrangères ?
Autant de questions dont les réponses seront connues certainement à l’issue des échanges et des éventuelles déclarations qui seront faites par les deux Premiers ministres.
Quoi qu’il en soit, la visite de Maiga à Alger devrait déranger bon nombre de pays «ennemis» qui, jusque-là, investissaient dans la détérioration des relations de bon voisinage dans la région. à travers ce rapprochement, l’axe Alger-Bamako ne peut que se renforcer, et tant mieux que le gouvernement malien réaffirme d’emblée «son attachement au dialogue sincère, à la coopération mutuelle avantageuse et au renforcement des relations de bon voisinage» avec l’Algérie, «dans le respect de la souveraineté et de la dignité de chaque Nation». Une doctrine qui n’est pas étrangère à l’Algérie qui fait de la souveraineté des pays, une devise. Maintenant que les principes sont posés, place aux affaires.
Farid B.