Gestion de l’eau potable à Alger: Bouzegza ordonne un plan de choc face à l’explosion urbaine

Une capitale qui s’étend et un réseau qui vieillit : c’est ce constat qui a présidé, à Alger, à une réunion d’évaluation menée conjointement par le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, et le wali d’Alger, Mohamed Abdenour Rabhi.
Face à l’essor continu de nouveaux pôles d’habitation et à la pression croissante qu’ils exercent sur l’alimentation en eau potable, les deux responsables ont dressé le bilan des défis du secteur et esquissé les réponses à apporter aux besoins d’une population en expansion constante.
Le diagnostic, chiffres à l’appui, ne laisse guère de place au doute sur l’urgence de la situation.
Près de 20% des pertes d’eau proviennent de fuites sur le réseau, tandis qu’une proportion équivalente est imputable aux branchements illicites et anarchiques qui prolifèrent au gré de l’urbanisation.
Un réseau qui perd près de 40% de sa ressource avant même qu’elle n’atteigne le robinet du citoyen. C’est ce gaspillage que le ministre entend désormais combattre en priorité, en ordonnant l’intensification des opérations de renouvellement et de réhabilitation des canalisations.
Lounès Bouzegza a par ailleurs exigé une accélération du programme d’investissements inscrit au niveau de la Direction de l’hydraulique, ainsi que la réalisation de grands ouvrages de stockage, conçus pour sécuriser la distribution et maintenir la continuité du service public même en cas de défaillance des installations de production. Il a également plaidé pour une valorisation plus large des eaux usées épurées, notamment au service de l’entretien des espaces verts, et pour une protection renforcée des Oueds El Harrach, Mazafran et El Hamiz contre la pollution et les rejets sauvages.
La numérisation de la gestion du secteur, jugée indispensable pour piloter les infrastructures et accélérer les interventions sur le terrain, complète ce dispositif.
Au-delà des instructions techniques, la réunion a débouché sur une nouvelle architecture de gouvernance : une commission technique sectorielle commune verra le jour, réunissant les wilayas d’Alger, de Boumerdès, de Tipaza et de Blida, avec pour mission de suivre la qualité des services d’eau potable et d’assainissement à l’échelle régionale.
Le ministre a également proposé au wali d’Alger l’élaboration d’un programme spécifique destiné à combler les insuffisances constatées dans la capitale et à accompagner durablement sa croissance urbaine. En clôturant les travaux, Lounès Bouzegza a fixé le cap : mobilisation permanente des équipes de terrain, prise en charge rapide des incidents, et communication régulière avec les citoyens sur les travaux de maintenance ou les perturbations éventuelles.
Une manière d’affirmer que la bataille de l’eau à Alger ne se gagnera pas seulement dans les tuyaux, mais aussi dans la confiance retissée avec ses habitants.
Lotfi C.