Du rail jusqu’à Tamanrasset à la voiture 100% algérienne : Tebboune fixe le cap à 2028

Abdelmadjid Tebboune a choisi de parler en échéances. D’ici fin 2028, Tamanrasset sera raccordée au réseau ferroviaire, par une ligne qui la reliera à Oran, Annaba et Alger en passant par Laghouat, Ghardaïa, El Menia et In Salah. Le président a même donné une image concrète, celle d’un habitant de Tindouf qui pourra bientôt monter dans un train pour rejoindre Oran ou la capitale, ce qui relevait hier de l’impossible.

D’ici fin 2027, la Transsaharienne doit être achevée et connectée au Tchad, au Niger et au Mali.Même calendrier pour les champs et les raffineries. L’Algérie vise l’autosuffisance en céréales avant la fin 2027, l’agriculture pesant déjà 15 % du PIB. Elle assure n’avoir importé aucune goutte d’essence depuis 2023, dispose d’un surplus de kérosène qu’elle peut désormais exporter, et compte combler tous ses besoins en gasoil avec la mise en service de la raffinerie de Hassi Messaoud en 2027. Pour calmer les prix, le gouvernement étudie la création d’un organisme public chargé d’absorber et de stocker les excédents agricoles. Tebboune a au passage tancé les marchands de fruits et légumes, rappelant que le prix de la pomme de terre est passé de 40 à 120 dinars dès qu’on a évoqué son exportation, et leur a demandé de penser aux plus fragiles.

Du pays qui importe au paysqui produit
Le président en a fait le cœur de son discours, l’Algérie sort d’une économie dirigée pour aller vers une économie libre, sans brutalité sociale. Les chiffres qu’il avance sont ceux d’un
redressement. La facture des importations est tombée de 62 à 42 milliards de dollars, au point que le pays exporte désormais plus qu’il n’importe. La croissance atteint 3,9%, et la part de l’industrie dans la richesse nationale est passée de 3% à 10%.
Il a salué la refonte du cadre légal de l’investissement, annoncé l’entrée en vigueur du guichet unique avec la loi de finances 2027, et cité 13 000 projets d’investissement en cours. Sa promesse la plus spectaculaire concerne l’automobile. D’ici fin 2028, l’Algérie veut sortir une voiture fabriquée à 100% sur place, moteur, boîte de vitesses et roues compris, grâce à la coopération avec des partenaires allemands et italiens et à l’ouverture de deux usines, à Tissemsilt et à Batna.

Tebboune a reconnu qu’il s’agissait d’un défi industriel. Il a aussi dénoncé les mentalités d’un autre âge et les pratiques parasitaires d’une minorité, tout en rappelant que l’économie algérienne, redevenue selon lui la troisième d’Afrique, doit se construire par les efforts de ses enfants pour être léguée aux générations futures dans un meilleur état.

Lotfi L.-E.