Encore une occasion ratée dans le sens de l’apaisement de la mémoire entre l’Algérie et la France. Le Président français, Emmanuel Macron, a manqué un nouveau rendez-vous, à savoir le 63e anniversaire des manifestations du 17 octobre 1961 à Paris, réprimées dans le sang, qui est décrétée Journée nationale de l’émigration, pour faire un nouveau geste qui renforce ce qu’il appelle la politique des petits pas pour la réconciliation des mémoires. Alors que l’Algérie a célébré l’anniversaire de ce triste souvenir, dans un esprit de recueillement et d’hommage aux victimes, en France, l’événement n’a pas retenu l’attention.
D’après les différents bilans effectués après le drame, des dizaines de milliers d’Algériens, plus de 80 000, se sont retrouvés ce jour-là sur les grands boulevards de la capitale française, pour manifester contre le couvre-feu et exiger l’indépendance du pays.
Entre 12 000 et 15 000 arrestations ont été opérées. 300 à 400 manifestants ont été tués par balles et par noyade dans la Seine. 2 400 blessés ont été dénombrés durant le drame ainsi qu’un nombre de disparus se situant autour de 400 personnes. Pour marquer cette date, Emmanuel Macron s’est contenté d’une brève publication sur les réseaux sociaux.
« Le 17 octobre 1961, la manifestation d’Algériens était réprimée sous l’autorité de Maurice Papon. La France se souvient des morts, des blessés, des victimes. De ces faits inexcusables pour la République.
Avec lucidité, nous regardons l’histoire en face pour dessiner l’avenir », a-t-il écrit. Aucun nouveau geste, aucune reconnaissance officielle. Une occasion ratée au moment où en Algérie, la revendication de la reconnaissance des crimes coloniaux est toujours forte et d’actualité.
Dans un message au peuple algérien à l’occasion de l’anniversaire du 17 octobre 1961, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a affirmé que l’Algérie reste attachée au principe du droit et d’équité en ce qui concerne ce dossier, que, a-t-il ajouté, certains cercles extrémistes tentent de falsifier ou de reléguer au tiroir de l’oubli. Il a soutenu, dans ce contexte, que la question de la mémoire a besoin d’un nouveau souffle de courage et d’intégrité pour « se débarrasser du complexe du passé colonial et se tourner vers un avenir où il n’y a pas de place pour les semeurs de haine, parmi ceux qui restent prisonniers d’une pensée coloniale obsolète ». Le Président Tebboune a souligné que l’anniversaire des manifestations du 17 octobre 1961 « demeure profondément gravé dans nos esprits, de par la forte symbolique qu’il revêt illustrant l’unité et l’attachement du peuple à la réalisation des objectifs tracés dans l’éternelle Déclaration du 1er novembre… ». Il avait déjà réclamé la vérité historique, exigeant, dans la foulée, la reconnaissance des massacres commis par la colonisation française .
Farid.H.
