Depuis Riyad : Zerrouki réclame une agence mondiale pour l’IA

Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a appelé, depuis Riyad, à la création d’une agence internationale de gouvernance de l’intelligence artificielle.

Une prise de position qu’il a défendue lors de sa participation à la quatrième édition du Forum mondial sur l’éthique de l’intelligence artificielle, organisé du 14 au 17 septembre dans la capitale saoudienne, conjointement par l’UNESCO et l’Autorité saoudienne des données et de l’intelligence artificielle, sous le thème «Transformer la coopération mondiale pour une gouvernance éthique de l’intelligence
artificielle».

Selon un communiqué du ministère, Sid Ali Zerrouki a soulevé, lors des travaux de la réunion ministérielle à huis clos, la question de la concentration des capacités de conception et d’exploitation de l’intelligence artificielle entre les mains d’un nombre restreint de pays et d’entreprises.

Il a insisté sur le fait que le défi, pour de nombreux États, ne se limite pas à la dimension réglementaire, mais englobe également l’accès à la puissance de calcul, aux infrastructures de données et d’énergie, aux compétences, aux modèles et au financement.

Le ministre a mis en garde contre le risque que cette concentration persistante ne place de nombreux pays dans une situation de dépendance structurelle vis-à-vis de décisions prises ailleurs, alors même qu’ils participeraient formellement à la gouvernance mondiale du secteur.

Il a par ailleurs précisé que la souveraineté, dans ce domaine, ne signifiait nullement un repli technologique, mais la capacité nationale à comprendre, évaluer, gouverner et développer progressivement les systèmes dont dépendent nos économies, nos administrations et nos sociétés.
Il a appelé à un changement d’échelle dans la coopération internationale, qui devrait passer d’une logique de simple formation à une logique de construction de capacités réelles, tout en invitant l’UNESCO à jouer un rôle dans la définition d’un cadre opérationnel garantissant un socle minimal de capacités de gouvernance et de compétence technique pour chaque État membre.

Il a conclu en affirmant qu’une intelligence artificielle éthique suppose aussi une capacité équitable à participer à sa fabrication, résumant sa position d’une formule sans détour : il ne peut exister de règles mondiales pour l’intelligence artificielle sans capacité mondiale d’action.

Le ministre a enfin insisté sur l’urgence de créer cette agence internationale de gouvernance avant qu’il ne soit trop tard, estimant que sa mise en œuvre devrait faire l’objet d’une large concertation internationale, de façon à garantir sa complémentarité avec les cadres et initiatives existants, et à renforcer la coordination des efforts internationaux dans ce domaine, au service de l’humanité, sans pour autant freiner l’innovation.

Anais G.