COP31 à Antalya : l’Algérie arrive avec un cadre climatique à faire valoir

Antalya accueille à partir d’aujourd’hui lundi la 31e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, et l’Algérie s’y rend avec l’intention de montrer qu’elle a avancé. Le pays participera aux travaux avec ce qu’il qualifie de «programme exceptionnel», destiné à mettre en lumière les progrès accomplis dans la construction de son cadre national d’action climatique, en cohérence, souligne-t-on à Alger, avec ses engagements internationaux.

Ce programme a été récemment mis en relief par la ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, lors d’un atelier national consacré au financement climatique et aux marchés du carbone.
Il repose sur une idée simple, celle d’intégrer systématiquement la dimension climatique dans les politiques publiques de développement. Pour l’Algérie, qui a déposé auprès du secrétariat de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques la version actualisée de sa Contribution déterminée au niveau national, l’action climatique n’est plus pensée comme une contrainte. Elle devient un levier de diversification économique et d’investissement productif, en phase avec les priorités nationales.

Un plan d’adaptation comme colonne vertébrale
La stratégie que la délégation algérienne présente à Antalya s’appuie sur plusieurs piliers techniques et institutionnels. Le premier est le Plan national d’adaptation aux changements climatiques, projeté à l’horizon 2035. Élaboré en coordination entre les secteurs concernés et avec l’accompagnement des Nations unies, il sert de document de référence pour diagnostiquer les risques et appliquer les mesures nécessaires. L’Algérie mise aussi sur la consolidation de ses systèmes de mesure, de notification et de vérification, ces outils sans lesquels aucun engagement chiffré ne peut être suivi ni crédible aux yeux de la communauté internationale.

Elle entend également améliorer son système national de surveillance et d’alerte, tout en renforçant son partenariat avec les instances onusiennes. La COP31 doit aussi offrir à l’Algérie une tribune pour peser sur les débats internationaux, en particulier sur la conception d’une stratégie nationale intégrée définissant les règles qui régiront les marchés du carbone. Selon Mme Krikou, cette approche se veut participative et doit garantir un équilibre strict entre le développement économique du pays et la préservation de l’environnement.

Le moment n’est pas neutre. La conférence s’ouvre dans un contexte où la transition climatique redessine les flux d’investissement et les modes de production à l’échelle mondiale. Les discussions seront chargées, entre la soumission des nouvelles contributions nationales, les débats sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et le dossier épineux du financement climatique destiné aux pays du Sud, où l’accès aux fonds d’adaptation et de compensation des pertes et dommages reste un point de friction persistant.

Autant de sujets sur lesquels les pays en développement attendent des réponses concrètes. C’est dans ce paysage que l’Algérie entend réaffirmer sa position en faveur d’une gouvernance climatique internationale qu’elle veut «juste, solidaire et respectueuse des choix souverains de développement».
Une formule qui résume la ligne défendue par Alger, favorable à l’effort collectif mais attachée à ce que les trajectoires de transition ne se décident pas au détriment des priorités nationales.
Pour mémoire, la conférence se tient du 9 au 20 novembre. Le Sommet des dirigeants est prévu les 11 et 12 novembre, et le segment ministériel de haut niveau du 16 au 20, deux rendez-vous où se jouera l’essentiel des arbitrages.

Lotfi L.-E.