L’Algérie a franchi, ce lundi, une étape déterminante dans sa trajectoire climatique. Le pays a officiellement déposé sa Contribution déterminée au niveau national (CDN) actualisée pour l’année 2026, dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, réaffirmant ainsi sa fidélité aux engagements pris au titre de l’Accord de Paris.
C’est la ministre de l’Environnement et de la Qualité de vie, Kaouter Krikou, qui a annoncé ce dépôt lors d’une rencontre organisée au siège de son département.
Le document fixe un horizon à 2035, avec un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 14% de manière inconditionnelle, mobilisable grâce aux seules ressources nationales.
Ce taux pourrait grimper jusqu’à 31% si l’Algérie bénéficie d’un soutien international suffisant en matière de financement, de transfert technologique et de renforcement des capacités.
Un double objectif qui traduit, selon la ministre, un équilibre assumé entre les impératifs du développement national et les engagements pris à l’échelle internationale.
Cette stratégie repose sur plusieurs leviers d’action. Du côté de l’atténuation, l’accent est mis sur la transition énergétique, portée par le développement des énergies renouvelables et la réduction progressive de la dépendance aux hydrocarbures, ainsi que sur le transport durable, avec l’ambition de renforcer les transports collectifs et d’encourager l’usage des véhicules électriques et hybrides.
L’efficacité énergétique des bâtiments et des installations industrielles, le développement du recyclage et de l’économie circulaire, ainsi que la lutte contre la désertification à travers un reboisement massif, complètent ce dispositif. Sur le volet de l’adaptation, la CDN place la gestion du stress hydrique au cœur des priorités, à travers la construction de nouveaux barrages, l’intensification du dessalement d’eau de mer et le recours accru à la réutilisation des eaux usées, sans oublier la promotion de pratiques agricoles capables de résister à la sécheresse.
La représentante du ministère des Affaires étrangères, Baya Bensmail, a pour sa part souligné que cette démarche illustre une volonté politique affirmée, portée au plus haut niveau de l’État, de promouvoir un modèle de développement durable à faible empreinte carbone. Cette avancée n’est pas passée inaperçue du côté des Nations unies.
La coordonnatrice résidente onusienne en Algérie, Savina Ammassari, a salué une étape majeure, rappelant que l’objectif inconditionnel de réduction des émissions vient tout simplement doubler l’engagement précédemment pris par le pays.
Elle y voit la preuve que la solidarité internationale demeure une condition essentielle à la réalisation des ambitions climatiques des pays en développement. Mais au-delà de l’annonce, la responsable onusienne appelle désormais à un travail collectif pour traduire ces engagements en politiques publiques concrètes, en cadres juridiques solides et en investissements mesurables, assortis d’un suivi rigoureux jusqu’à l’échéance de 2035. Le système des Nations unies, assure-t-elle, continuera d’accompagner l’Algérie dans la concrétisation de cette ambition.
Lotfi L.-E.
Climat: L’Algérie double son ambition et dépose sa nouvelle contribution à l’ONU
