A Ben Aknoun, jeudi dernier, la Journée internationale des personnes âgées et la Journée arabe de sensibilisation au cancer du sein ont été célébrées ensemble, avec un message commun : la prévention doit atteindre les femmes jusque dans les structures d’accueil pour personnes âgées.
Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a rappelé que le cancer du sein est le plus répandu chez les Algériennes, avec plus de 14 000 nouveaux cas par an selon le registre du cancer, et la première cause de mortalité chez la femme.
Détecté tôt, il se guérit pourtant dans plus de 90% des cas, avec des traitements plus légers et moins coûteux.
Le ministère s’appuie donc sur la sensibilisation, le dépistage précoce, la prise en charge médicale et l’accompagnement psychologique : campagnes dans les wilayas, notamment pendant «Octobre rose», examens gratuits, mammographes renforcés, formation des généralistes et des sages-femmes.
Des cellules de proximité et des assistants sociaux sont aussi mobilisés pour repérer les femmes isolées.
Le ministre du Travail, Mohamed Hattab, a donné à cette mobilisation sa portée politique. Pour lui, un État social se juge à sa capacité à atteindre le citoyen en lui garantissant sécurité, confiance et dignité, fidèle à la ligne du président Abdelmadjid Tebboune, pour qui l’Algérie ne renoncera jamais à son caractère social.
Il a promis des services simplifiés et numérisés pour les retraités, qu’il considère comme des bâtisseurs de la Nation, et un accompagnement renforcé des malades du cancer, notamment par des conventions avec des établissements spécialisés.
Le président de l’ANSS, le Pr Kamel Sanhadji, a plaidé pour une approche préventive adaptée aux spécificités des femmes âgées.
Le Pr Adda Bounedjar, président de la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, a livré les chiffres. Le registre national, qui couvre environ 82% du territoire, recense près de 14 000 cas de cancer du sein, mais le nombre réel avoisinerait 65 000.
Dans le monde, ce cancer est le deuxième plus fréquent après celui du poumon, avec plus de 2,4 millions de nouveaux cas en 2024, mais seulement le cinquième en mortalité, signe des progrès du diagnostic précoce.
En Algérie, le taux de guérison atteint 77%, et l’objectif est de parvenir d’ici 2035 à 65 et 70% de détection précoce, pour une guérison quasi totale.
A. G.
Cancer du sein et personnes âgées : L’État social va chercher les patientes là où elles sont
