Face à l’ampleur de la solidarité nationale envers les familles touchées par les feux de forêt, une question moins visible se pose : comment garantir que les médicaments collectés parviennent aux sinistrés sans compromettre leur efficacité ni la sécurité de ceux qui les recevront.
Le conseiller sanitaire Faysal Ouhada rappelle que les produits pharmaceutiques exigent un traitement à part, leur efficacité étant sensible à la chaleur, à l’humidité et à la fumée.Première règle : la coordination.
Avant toute distribution, il est indispensable de se rapprocher des structures de santé, hôpitaux, polycliniques, associations sanitaires ou commission médicale du Croissant-Rouge algérien, afin d’identifier les besoins réels des zones touchées et d’éviter une distribution anarchique, particulièrement risquée dans le contexte actuel.Le transport et le stockage constituent l’autre point de vigilance. Pour les médicaments exigeant une température précise, comme l’insuline ou certains vaccins, la chaîne du froid doit être respectée à l’aide de glacières adaptées et d’une surveillance continue.
Les autres produits doivent, eux aussi, être protégés de la chaleur excessive et du soleil direct, et jamais laissés dans des véhicules surchauffés. Faysal Ouhada met également en garde contre l’exposition à la fumée et aux cendres, recommandant un transport dans des contenants hermétiques, la contamination pouvant altérer l’intégrité des emballages.
Règle sans exception : tout médicament exposé à une chaleur intense, au feu ou à la fumée doit être écarté de la distribution, tout comme les produits ayant changé d’apparence ou dont l’emballage est endommagé. Il insiste aussi sur la vérification des dates de péremption, l’organisation des stocks selon la règle du « premier périmé, premier distribué », et la tenue d’inventaires précis pour éviter gaspillage et ruptures. Dans cette première phase, la priorité va aux produits liés aux brûlures et aux troubles respiratoires provoqués par les incendies et la fumée, ainsi qu’aux besoins des malades chroniques, plutôt qu’à l’envoi de quantités aléatoires de médicaments.
Faysal Ouhada le rappelle avec insistance : cette distribution doit se faire sous la supervision de pharmaciens ou de personnels qualifiés, seuls à même de garantir le bon dosage et d’éviter les erreurs d’usage. Il appelle enfin les sinistrés à ne pas réutiliser les médicaments laissés dans des habitations touchées par le feu, même si les emballages semblent intacts. Car la bonne volonté seule ne suffit pas : sauver des vies commence aussi par savoir protéger le médicament avant qu’il n’atteigne le patient.
Lotfi.L.E.
