À Ghaza, le cinéma comme acte de résistance: Le Festival international du film de femmes prépare sa deuxième édition

Du 26 au 31 octobre 2026, le gouvernorat central de Ghaza accueillera la deuxième édition du Festival international du film de femmes de Ghaza, placée sous un slogan qui résume à lui seul l’esprit de l’événement : «Des femmes qui créent la vie à partir de la mort». Une formule qui n’a rien d’une simple posture, tant elle traduit la réalité d’un territoire où filmer relève déjà, en soi, d’un geste de survie.
Pour son président et fondateur, Ezzedeen Shallah, cette édition, qui coïncide avec la Journée de la femme palestinienne, se veut avant tout un hommage à la résilience féminine.
Elle réaffirme, dit-il, que le septième art demeure un outil irremplaçable pour défendre la mémoire, l’identité et la justice d’un peuple.
L’affiche officielle, dévoilée le 27 juillet, en dit long sur cette ambition : une femme aux yeux bandés par une pellicule de cinéma, entourée de symboles traditionnels palestiniens et de colombes de la paix, où l’espoir et la lutte se répondent à travers l’image. Avant même l’ouverture du festival, une vaste tournée promotionnelle internationale a pris son envol dès le 16 juillet à Rome, en collaboration avec la cinéaste italienne Milena Fiore, dans le but de faire rayonner le cinéma palestinien au-delà de ses frontières et d’attirer des réalisateurs venus du monde entier. Cette offensive culturelle s’est ouverte avec la projection de Chokran Laanak Tahlma Maana (Merci de rêver avec nous), signé Leila Abbas, présenté à la Villetta Social LAB dans le cadre de l’événement L’Aperossa.
L’Italie a ensuite servi de terrain d’accueil privilégié, avec des étapes remarquées au Cinema del Reale de Lecce et au SiciliAmbiente Film Festival de San Vito Lo Capo, avant une halte à Viterbe pour «Images from the Global South», marquée par la diffusion de Falastin 36 d’Annemarie Jacir.
Le périple européen se poursuivra le 4 août à Rome, à l’occasion de «From Gaza with Love», organisé dans le cadre du Festival international de court métrage, avant de s’achever le 11 septembre à Venise avec une rencontre intitulée «Le temps parle de Ghaza», en présence de la politologue et intellectuelle italienne Luciana Castellina.
Mais au-delà des projections, le festival porte un projet d’une tout autre ampleur : celui d’autonomiser les femmes palestiniennes de Ghaza à travers une formation cinématographique de six mois, entièrement gratuite, menée en coopération avec le ministère palestinien de la Culture. Encadrées par des formateurs palestiniens, arabes et internationaux venus d’Italie, du Royaume-Uni, de France, de Cuba et de Suède, les participantes y apprennent l’écriture de scénario, la réalisation, la prise de vue, le montage et la production.
Les courts métrages nés de ce parcours seront projetés lors de la prochaine édition du festival, puis soumis à des festivals internationaux, faisant du cinéma un véritable outil de transmission et d’émancipation. Conçu comme une plateforme dédiée à l’autonomisation des femmes et aux échanges interculturels, le festival accueillera également des longs et courts métrages de fiction ainsi que des documentaires venus du monde entier sur les questions féminines, confirmant, une fois encore, que le cinéma reste un miroir fidèle des luttes et des espoirs partagés.
Amina A.