La régularisation des travailleurs contractuels occupant des postes permanents depuis de longues années, l’extension des augmentations salariales au secteur privé et le renforcement de la protection des salariés figurent parmi les principales revendications portées par l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA). Son secrétaire général, Amar Takdjout, a également plaidé pour une révision de certaines dispositions du droit du travail et une meilleure lutte contre le harcèlement en milieu professionnel.
Intervenant sur les ondes de la Radio algérienne, le responsable syndical a particulièrement attiré l’attention sur la situation des salariés maintenus sous contrat pendant dix, quinze, voire trente ans, alors qu’ils occupent des emplois répondant à des besoins permanents des entreprises. «Quand on maintient un travailleur 10 ans, 15 ans, c’est un poste permanent et on ne se raconte pas d’histoire», a-t-il affirmé, estimant que cette situation nécessite une concertation entre les partenaires sociaux afin d’étudier les possibilités de régularisation et de garantir davantage de stabilité aux travailleurs.
Les augmentations salariales au-delà du secteur public
Autre préoccupation majeure de l’UGTA, l’élargissement des augmentations salariales au secteur économique privé. Amar Takdjout estime que les revalorisations décidées ces dernières années doivent bénéficier aussi bien aux salariés des administrations qu’à ceux des entreprises économiques. Il a rappelé les engagements présidentiels concernant de nouvelles augmentations en 2027, après celles intervenues en 2025 et 2026. Toutefois, il a souligné que ces mesures doivent s’accompagner d’une meilleure maîtrise de l’inflation et des pratiques spéculatives afin de préserver durablement le pouvoir d’achat des ménages.
À ce titre, il propose l’organisation d’assises nationales consacrées à l’inflation et à la spéculation, réunissant les organisations syndicales, politiques, associatives et les différents acteurs économiques.
Réviser le droit du travail et renforcer la protection des salariés
Sur le plan législatif, le secrétaire général de l’UGTA a révélé que la centrale syndicale avait transmis au ministère du Travail, depuis six à sept mois, une série de propositions d’amendement concernant les textes de 2023 relatifs à l’exercice du droit syndical, aux conflits collectifs de travail et au droit de grève.
Ces propositions portent notamment sur les relations de travail, la représentation syndicale et la situation des travailleurs indépendants. L’UGTA souhaite également renforcer la représentation des catégories encore insuffisamment organisées, notamment les retraités, les salariés précaires, les chauffeurs de taxi, les camionneurs, les coiffeurs et les plombiers. Le responsable syndical a, par ailleurs, appelé à relancer le dialogue avec les organisations patronales pour examiner les difficultés des entreprises et rechercher des solutions concertées, dans le respect des droits des travailleurs.
Le harcèlement et la souffrance psychologique au travail
La santé psychologique des salariés constitue également un dossier auquel l’UGTA entend accorder une attention particulière. Amar Takdjout a évoqué les situations de harcèlement moral, de burn-out et de souffrance psychologique qui touchent différentes catégories professionnelles, y compris les cadres.
La centrale syndicale mène, selon lui, des actions de sensibilisation avec des organisations internationales et souhaite disposer de données plus précises auprès de la Sécurité sociale et de la médecine du travail.
Pour le patron de l’UGTA, la protection des travailleurs ne doit pas se limiter aux conditions matérielles et salariales. Elle doit également garantir un environnement professionnel sain, respectueux de la dignité et de la santé de chacun.
Anais G.
