La Turquie a proposé à l’Égypte de négocier un accord de délimitation de leurs frontières maritimes en Méditerranée orientale. Selon les estimations turques, cette initiative pourrait permettre au Caire de bénéficier d’une superficie maritime supplémentaire d’environ 15 000 kilomètres carrés.
Cette proposition intervient dans un contexte de tensions persistantes entre plusieurs pays de la région concernant les zones économiques exclusives et l’exploitation des ressources pétrolières et gazières.
Le ministre turc de la Défense, Yaşar Güler, a évoqué cette perspective alors que les relations entre Ankara et Le Caire connaissent une évolution favorable.
Toutefois, aucun accord officiel de délimitation maritime entre les deux pays n’a encore été annoncé.
La concrétisation de cette initiative dépendra des négociations bilatérales et de la capacité des deux parties à rapprocher leurs positions. Au cœur du dossier figure la question des droits maritimes accordés aux îles. La Convention des Nations unies sur le droit de la mer prévoit, sous certaines conditions, que les îles puissent générer une zone économique exclusive et un plateau continental. L’application de ces dispositions demeure néanmoins une source de désaccord entre les États riverains de la Méditerranée orientale.
La Grèce défend la prise en compte des droits maritimes de ses îles dans la délimitation des frontières.
La Turquie conteste, pour sa part, l’influence que certaines îles pourraient exercer sur la détermination des espaces maritimes, estimant que cette approche limite les zones auxquelles elle pourrait prétendre.
Selon les calculs turcs, une délimitation accordant moins d’effet aux îles grecques pourrait élargir l’espace maritime attribué à l’Égypte au nord de son territoire. Le gain potentiel de 15 000 kilomètres carrés avancé par Ankara reste toutefois une estimation et non le résultat d’un accord conclu entre les deux pays.
Cette proposition s’inscrit également dans le contexte de l’accord maritime conclu entre la Turquie et la Libye. Celui-ci définit des espaces maritimes revendiqués par les deux parties et a suscité des contestations, notamment de la part de la Grèce et de l’Égypte. Le Caire s’oppose à cette délimitation, qui recoupe ses propres revendications en Méditerranée orientale.
M. M.
Méditerranée orientale : Ankara tente de rapprocher le Caire de ses positions maritimes
