Une enquête met en lumière les circuits illicites : Dubaï au cœur du commerce de l’or africain

Une enquête de Bloomberg affirme que les Émirats arabes unis, notamment Dubaï, jouent un rôle important dans les circuits du commerce illicite de l’or africain. Des entreprises enregistrées à Dubaï auraient reçu de l’or provenant de sources africaines, certaines ayant été sanctionnées par les États-Unis pour leurs liens présumés avec des réseaux associés à des zones de conflit. L’enquête s’intéresse notamment au réseau du négociant belge Alain Goetz.

En mars 2022, le département américain du Trésor avait sanctionné plusieurs entités liées à ce réseau, les accusant d’avoir contribué au financement de conflits en recevant notamment de l’or congolais sans vérifier son origine. Une raffinerie associée au réseau aurait également obtenu de l’or provenant de mines contrôlées par des groupes armés dans le Sud-Kivu, en République démocratique du Congo.
Les données commerciales citées par Bloomberg indiquent qu’au moins 11 tonnes d’or provenant du Rwanda ont été exportées en 2024 vers PGR Gold Trading LLC, une société enregistrée à Dubaï et sanctionnée par Washington. Des documents étudiés par l’organisation américaine The Sentry montrent également qu’en 2017, une raffinerie ougandaise liée au réseau Goetz avait exporté environ 377 millions de dollars d’or vers une entreprise basée à Dubaï.

Un document diplomatique américain datant de 2017 rapporte par ailleurs qu’Alain Goetz avait évoqué l’introduction clandestine d’environ 156 tonnes d’or au Moyen-Orient, tout en reconnaissant ne pas pouvoir retracer précisément l’origine d’une partie de l’or traité par sa raffinerie.
En 2026, les États-Unis et l’Union européenne ont de nouveau sanctionné une raffinerie rwandaise liée au réseau, accusée de traiter de l’or provenant de mines contrôlées par des groupes rebelles en République démocratique du Congo.

Selon l’organisation suisse SWISSAID, entre 24 et 35 milliards de dollars d’or africain seraient introduits clandestinement chaque année sur le marché mondial, dont une part importante transiterait par les Émirats arabes unis. Le nombre de négociants enregistrés dans le secteur des métaux précieux aux Émirats est également passé d’environ 4 500 en 2022 à 8 000 en 2025.

Des chercheurs estiment que certains négociants bénéficient de contrôles insuffisants.
Ces éléments alimentent ainsi les accusations selon lesquelles Dubaï ne serait pas seulement une destination de l’or illicite africain, mais un maillon important de son intégration aux marchés mondiaux.

Malik M.