Le président de la République arabe sahraouie démocratique et secrétaire général du Front Polisario, Ibrahim Ghali, a appelé le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ainsi que la communauté internationale à intervenir d’urgence face à la situation de neuf prisonniers civils sahraouis détenus dans des prisons marocaines.
Depuis le 23 septembre 2026, ces neuf prisonniers observent une grève de la faim ouverte dans les établissements de Aït Melloul 2, Tiflet 2 et Kénitra. Ils protestent notamment contre leurs conditions de détention, qu’ils considèrent comme difficiles, ainsi que contre ce qu’ils dénoncent comme le non-respect des règles du droit international humanitaire et de recommandations de mécanismes des Nations unies concernant la détention arbitraire et la lutte contre la torture.
Dans une lettre adressée à António Guterres, Ibrahim Ghali demande la libération des prisonniers, notamment ceux du groupe de Gdeim Izik. Il affirme que ces détenus ont été emprisonnés pour avoir revendiqué le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance. Il demande également leur regroupement et leur transfert vers les villes du Sahara occidental.
Selon cette lettre, les autorités marocaines auraient imposé des restrictions aux prisonniers, notamment en limitant leurs communications téléphoniques et leurs contacts avec leurs familles. Certains auraient également été transférés vers différentes prisons sans que leurs proches en soient informés.
Ces déplacements compliqueraient l’accès des familles aux informations concernant leur état de santé et leur lieu de détention.
Ibrahim Ghali dénonce également des actes de mauvais traitements, d’isolement, de harcèlement, ainsi que l’usage de menottes et de violences lors de certains transferts.
Il alerte particulièrement sur la dégradation de l’état de santé des grévistes de la faim, dont plusieurs auraient besoin de soins médicaux, citant notamment Mohamed Bani et Hassan Dah.
Le président sahraoui dénonce enfin une «escalade significative des violations et des mesures répressives» visant les prisonniers et leurs familles depuis le début de la grève.
Il appelle la communauté internationale à agir rapidement afin de garantir aux détenus l’accès aux soins, la possibilité de communiquer avec leurs proches et leur rapprochement des lieux de résidence de leurs familles.
M. M.
Ibrahim Ghali appelle l’ONU à intervenir : des prisonniers sahraouis en grève
