Pétrole : Le brut algérien dans le viseur d’Orlen

Le groupe énergétique polonais Orlen s’apprête à acquérir une cargaison de brut algérien pour une livraison en octobre 2026, dans le cadre d’un appel d’offres visant à diversifier ses approvisionnements. La démarche fait suite aux perturbations touchant les exportations saoudiennes vers la mer Rouge, selon des sources commerciales citées par Reuters.

Orlen explore dans le même temps des brutes de la mer du Nord, et a lancé un autre appel d’offres pour du brut guyanais livrable en novembre. Les résultats de ces procédures restaient inconnus au moment de la publication du rapport.

La compagnie dépend du pétrole saoudien pour près de 40% de ses besoins, Aramco étant devenu son fournisseur principal depuis 2022, une relation qui avait permis de réduire sa dépendance au brut russe. Elle a par ailleurs multiplié les achats spot de brutes nord-européennes (Grane, Johan Sverdrup, Johan Castberg) et soumis des offres pour du West Texas Intermediate, du Midland et du mélange kazakh CPC.
Ces manœuvres se sont accélérées après l’annulation par Ryad de plusieurs cargaisons destinées à l’Europe en septembre, et la suspension des chargements au port de Yanbu, consécutive aux dommages causés par des attaques de drones à l’oléoduc Est-Ouest. Aramco a refusé de commenter.

Ces turbulences ont fait grimper les cours : le Brent s’approche des 108 dollars sur les contrats à terme, tandis que le prix spot du brut a atteint un record de près de 122 dollars le baril en Europe, selon le London Stock Exchange Group.

Orlen, qui exploite des raffineries en Pologne, en Lituanie et en République tchèque, assure que ses approvisionnements restent ininterrompus.
L’intérêt porté au brut algérien s’inscrit dans un mouvement plus large de diversification des compagnies énergétiques mondiales une conjoncture qui pourrait ouvrir de nouveaux débouchés au pétrole algérien.

S. G.