Tensions Algérie-Émirats : Amar Belani recadre vivement Anwar Gargash

Quatre jours après la décision algérienne de rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, la tension entre Alger et Abou Dhabi se déplace désormais sur le terrain des réseaux sociaux.
Anwar Gargash, conseiller du président émirati Mohamed Ben Zayed, a multiplié les piques contre l’Algérie sur X, lui reprochant implicitement d’entretenir la polémique.
Le diplomate algérien Amar Belani lui a répondu sans ménagement, dans une publication au ton particulièrement offensif.

Dans son message, Anwar Gargash s’est employé à vanter le modèle émirati, mettant en avant la stabilité politique, la réussite économique et l’ouverture sociale et religieuse de son pays, qu’il oppose à un environnement régional qu’il juge marqué par l’agitation et la confusion entre faits et désinformation.
Il a affirmé que le prestige des nations se construisait par les résultats concrets obtenus pour leurs populations, plutôt que par les controverses, jugées passagères face à la durabilité des réalisations.
La réplique d’Amar Belani, publiée sur Facebook sous un titre volontairement provocateur, ne s’est pas fait attendre.

L’ancien ambassadeur d’Algérie à Bruxelles a estimé qu’un quatrième pilier manquait à la présentation de son homologue émirati, celui de l’ingérence menée par procuration dans plusieurs foyers de tension.
Il a ainsi énuméré une série de terrains sur lesquels, selon lui, Abou Dhabi jouerait un rôle déstabilisateur, du Soudan à la Libye, en passant par la République démocratique du Congo et la Corne
de l’Afrique, évoquant des livraisons d’armements, l’usage de mercenaires et des circuits d’exploitation aurifère transitant par Dubaï.

Le diplomate algérien est également revenu sur les liens qu’il attribue aux Émirats avec le Maroc dans une stratégie plus large de rapprochement d’Israël avec l’Afrique du Nord, le Sahel et la Corne de l’Afrique. Il a conclu son propos en affirmant que les faits, contrairement aux polémiques passagères, finissaient toujours par s’imposer, laissant entendre que les engagements militaires indirects reprochés à Abou Dhabi pèseraient, à terme, sur son image sur la scène internationale.

Cet échange acerbe illustre la dégradation rapide des relations entre les deux pays, quelques jours seulement après la fermeture de l’espace aérien algérien aux appareils émiratis, une mesure qui avait déjà été présentée à Alger comme l’expression d’une décision pleinement souveraine.

Lotfi L.-E.