Investissement : Tebboune resserre l’étau du temps et impose ses délais. Guichet unique, recensement du foncier industriel, port de Mostaganem dédié

Le président Abdelmadjid Tebboune n’a pas laissé de place à l’interprétation. Réunissant hier mercredi un conseil de travail consacré à l’investissement et à la mise en service du guichet unique, le chef de l’État a fixé un cap précis et une échéance qui ne l’est pas moins : le dispositif devra être pleinement opérationnel avant la fin du mois de septembre.
Une instruction ferme, qui tranche avec le rythme souvent plus lent qu’imposait jusqu’ici la bureaucratie liée à l’investissement. Dans la foulée de cette annonce, le président a ordonné le lancement immédiat d’un recensement national du foncier industriel, un chantier attendu de longue date par les opérateurs économiques, qui peinent régulièrement à identifier les assiettes disponibles pour leurs projets.

À cette mesure s’ajoute une accélération de la numérisation de l’ensemble des procédures liées à l’investissement, en coordination avec les administrations concernées, au premier rang desquelles les services fiscaux, les domaines de l’État et les douanes. L’objectif affiché est clair : réduire les points de friction qui, jusqu’ici, ralentissaient le parcours des investisseurs entre les différents guichets administratifs.


Le conseil de travail a également acté une réorganisation du système portuaire national, désormais orienté vers une logique de spécialisation.
Dans ce cadre, le port de Mostaganem sera désormais exclusivement réservé aux opérations d’importation menées par les entreprises publiques, une décision qui s’inscrit dans une volonté plus large de rationaliser les flux commerciaux et de mieux répartir les activités entre les différentes infrastructures portuaires du pays.


La réunion, qui témoigne de l’importance accordée au dossier au plus haut niveau de l’État, a rassemblé autour du président le Premier ministre, le secrétaire général de la présidence de la République, le ministre des Finances, le conseiller du président chargé de la Direction générale de la communication, ainsi que le ministre de l’Industrie. Y ont également pris part le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, la ministre du Commerce intérieur, la ministre déléguée chargée de la Numérisation, le directeur général des Douanes, ainsi que le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement.


Cette série de décisions confirme une méthode désormais bien identifiable dans la gestion présidentielle des dossiers économiques, fixer des échéances courtes, exiger des résultats tangibles et mobiliser simultanément l’ensemble des leviers administratifs, fiscal, foncier, numérique et logistique, plutôt que de traiter ces chantiers de façon cloisonnée.

Lotfi L.-E.