Les données préliminaires de suivi du trafic maritime fournies par la société «Kpler» et publiées hier mercredi par Reuters révèlent une forte baisse du nombre de navires traversant le détroit d’Ormuz. Seulement 6 navires transportant des marchandises ont franchi le détroit mardi dernier, contre 9 la veille et une moyenne d’environ 12 navires par jour au cours des dix derniers jours.
Selon les données rapportées par Reuters, 5 des 6 navires sont entrés par le détroit, tandis qu’un seul en est sorti. Ils comprenaient notamment un pétrolier de type «Panamax» et un autre de taille moyenne.
Ces chiffres ne prennent pas en compte les navires ayant désactivé leurs systèmes automatiques de suivi et d’identification afin d’éviter une surveillance sécuritaire.
Cette baisse reflète la forte paralysie qui touche cette voie maritime stratégique par rapport à la période précédant le début de la guerre contre l’Iran, le 28 février dernier.
À cette époque, environ 125 navires commerciaux et grands pétroliers traversaient quotidiennement le détroit, lequel assure près de 20% des approvisionnements mondiaux en pétrole brut et en gaz naturel liquéfié. Les exportations pétrolières iraniennes ont ensuite cessé en raison du strict blocus américain imposé depuis la mi-juillet.
Ces perturbations du trafic maritime surviennent dans un contexte d’intensification des affrontements militaires, après des attaques des Houthis contre des villes saoudiennes et l’interception puis la destruction par les forces américaines de 5 pétroliers liés à l’Iran dans le golfe d’Oman et près de l’île de Kharg. Parallèlement, l’Iran a frappé une base militaire américaine en Jordanie, tandis que l’aviation sioniste a mené des frappes conjointement avec les forces américaines.
Ces développements ont fait dépasser aux prix du pétrole le seuil des 100 dollars le baril, selon Reuters.
Concernant le trafic maritime en mer Rouge, un rapport de la société «Marisks», spécialisée dans les informations sur la navigation maritime et cité par Reuters, indique que 25 navires transportant des marchandises ont franchi mardi dernier le détroit de Bab el-Mandeb. Parmi eux figuraient 8 pétroliers de type «Aframax», 2 pétroliers de type «Suezmax» et un très grand pétrolier, contre une moyenne de 27 navires par jour au cours des dix derniers jours.
Malik M.
Détroit d’Ormuz : Le trafic maritime s’effondre sur fond de tensions
