L’Algérie s’apprête à consolider sa position de premier fournisseur de gaz de l’Espagne, avec un accord de principe portant sur une hausse de ses exportations à partir de 2027.
Ce futur accord accorderait la priorité aux livraisons transitant par le gazoduc Medgaz, alors même que Madrid continue de s’appuyer massivement sur le gaz algérien pour sécuriser son approvisionnement énergétique, au point de devoir remettre en service certaines centrales à charbon face au recul de la production d’énergies renouvelables.
Selon des informations relayées par une plateforme spécialisée dans la recherche énergétique, citant des sources proches du dossier, Alger aurait donné son accord de principe pour augmenter les volumes destinés au marché espagnol, avec une priorité accordée au gaz transporté via Medgaz, le gazoduc qui relie directement les deux pays à travers la Méditerranée.
Toujours selon la même source, l’accord en préparation prévoirait de porter les flux quotidiens transitant par ce gazoduc d’environ 28 millions de mètres cubes à près de 32 millions, soit une hausse avoisinant les 12,5%, accompagnée d’une légère revalorisation des prix. La plateforme rappelle que l’Algérie est restée, durant le premier semestre 2026, le premier fournisseur de gaz de l’Espagne, avec près de 34% des importations gazières totales du pays.
Les données publiées par le gestionnaire du réseau gazier espagnol Enagás confirment cette tendance : les exportations algériennes vers l’Espagne ont atteint 64,23 térawattheures sur les six premiers mois de l’année, dont 59,63 térawattheures acheminés par gazoduc et 4,59 térawattheures sous forme de gaz naturel liquéfié. Pour le seul mois de juin, la part algérienne dans les importations espagnoles s’est élevée à 40,3%.
Le dossier énergétique domine par ailleurs les discussions bilatérales, dans un contexte marqué par la visite en Algérie du chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez, la première depuis la crise diplomatique de 2022 entre les deux pays.
Ce déplacement vise à normaliser pleinement les relations bilatérales et à approfondir la coopération économique, notamment dans le secteur de l’énergie.
Autre indicateur révélateur de la fragilité du système électrique espagnol : depuis le 9 juillet 2026, l’Espagne a dû réactiver plusieurs centrales à charbon pour garantir la stabilité de son réseau, et ce malgré des niveaux records de production solaire.
Les chiffres font état d’une production électrique à partir du charbon de 259 mégawatts le 16 juillet et de 252 mégawatts le 18 juillet, alors que le solaire avait pourtant atteint un pic historique le 8 juillet, avec 32 647 mégawatts produits à un instant donné, soit 65,84% de l’électricité totale générée à ce moment précis. Pour la plateforme spécialisée, ces évolutions illustrent le poids croissant du gaz algérien dans le mix énergétique espagnol et confirment le rôle central que joue l’Algérie dans la sécurité énergétique européenne, alors même que la transition vers les énergies renouvelables se poursuit.
Samira G
Avant même l’accord gazier: L’Algérie confirme son emprise sur l’approvisionnement énergétique de l’Espagne
