Visas pour les Algériens: Paris exclut tout objectif de retour aux niveaux d’avant la crise

Le gouvernement français a pris ses distances avec les récentes déclarations de son ambassadeur en Algérie concernant une éventuelle hausse du nombre de visas accordés aux ressortissants algériens. Le ministère français des Affaires étrangères a affirmé qu’aucun objectif chiffré, aucun quota ni aucun calendrier n’ont été fixés à ce stade pour un retour au niveau de délivrance observé avant la dégradation des relations entre les deux pays.
Cette clarification intervient après des propos attribués à l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, évoquant la perspective d’un retour à environ 250 000 visas par an, soit le volume enregistré avant la crise diplomatique.
Ces déclarations ont suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique française, en particulier dans les rangs de la droite.
Le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a assuré que la politique française en matière de visas ne repose sur aucun objectif numérique prédéfini. Il a précisé que les décisions dans ce domaine sont arrêtées en fonction des intérêts de la France et de l’évolution des relations bilatérales.
Selon le responsable français, les discussions actuelles entre Paris et Alger portent principalement sur la
coopération en matière de migration, de sécurité, de lutte contre les trafics, ainsi que sur le dossier du journaliste français Christophe Gleizes.
Il a indiqué que la question d’une augmentation du nombre de visas ne figure pas parmi les sujets faisant l’objet d’un accord entre les deux capitales.
Le Quai d’Orsay reconnaît toutefois que les délivrances de visas aux citoyens algériens ont reculé de plus de 20% en 2025 dans le contexte des tensions diplomatiques. Il souligne néanmoins que toute évolution future dépendra des progrès enregistrés sur les différents dossiers de coopération et s’inscrira dans une approche «pragmatique et réversible», sans engagement sur un volume précis. Par cette mise au point, les autorités françaises démentent officiellement qu’un retour à 250 000 visas annuels soit actuellement envisagé ou acté, réaffirmant qu’aucune décision de cette nature n’a été prise.
N. C.