Descentes des services de sécurité, dénonciation des citoyens…: L’étau se resserre sur la mafia des plages

Limage est saisissante ! Sur l’une des plages algéroise, un citoyen vient s’installer sur une chaise censée être mise à la disposition des estivants par les autorités locales. Quelques instants après, il a été surpris par une personne venue réclamer 500 dinars, pour l’occupation de la chaise.
Le citoyen refuse en expliquant que ce matériel appartient aux autorités et qu’il est offert gratuitement aux estivants. Ne voulant rien entendre, le squatteur de la plage bouscule son contestataire. à cet instant, plusieurs policiers l’encerclent et l’arrêtent en flagrant délit d’exploitation illégale du domaine maritime.
Il y a quelques jours, une autre intervention spectaculaire des services de sécurité a été couronnée par l’interpellation des 15 individus sur une plage de Sidi Fredj. D’autres opérations ont été signalées dans de nombreuses wilayas côtières du pays.
Ces descentes des services de sécurité (agents de la police et de la gendarmerie) se sont multipliées depuis le début de la saison estivale, dans une démarche visant à lutter contre la maffia de la plage.
Ces opérations coup de poing, pour garantir la gratuité totale de l’accès aux plages publiques et éradiquer le racket imposé aux estivants, se sont soldés, depuis début juin, par la saisie de milliers d’équipements (parasols, chaises et tables) et l’arrestation de nombreux individus qui s’adonner à ces pratiques illicites d’extorsion.
La technique est bien rôdée, malgré toutes les campagnes de sensibilisation et les mises en garde des autorités contre l’exploitation illégale des plages. Lorsque les baigneurs arrivent, ils sont assaillis par des individus leur proposant (leur imposant) de louer des équipements. L’intimidation et les menaces font partie du décor. Mais cette année, l’étau s’est bien resserré sur la maffia des plages :
aux opérations des services de sécurité viennent s’ajouter les campagnes de dénonciation, images à l’appui, des estivants qui ont inondé les réseaux sociaux. Pourtant, les avertissements contre ces pratiques ont été lancés à la veille de l’ouverture de la saison estivale. Lors d’une réunion du Conseil des ministres, le 7 juin dernier, le Président de la république, Abdelmadjid Tebboune, avait insisté sur la nécessité de «prendre toutes les mesures et dispositions visant à garantir la gratuité des plages et à préserver la quiétude des familles qui les fréquentent, afin d’éviter la réapparition des phénomènes négatifs constatés chaque saison».
Il avait également insisté sur «la lutte contre le phénomène de l’appropriation illégale des plages, en chargeant les autorités compétentes et les services de sécurité d’éradiquer et de réprimer ces comportements, parallèlement à l’actualisation des textes de loi pour traiter ce phénomène».
La nouvelle législation a, en effet, durci la lutte contre ces pratiques.
La saisie des équipements n’est plus la seule mesure prise : les contrevenants s’exposent également à de lourdes peines. Sur les réseaux sociaux, les citoyens sont unanimes à saluer les opérations de lutte contre la privatisation sauvage des plages.
Fateh H.